La capitale nigérienne Niamey, a été le théâtre de violents affrontements armés dans la nuit du vendredi au samedi. Attaque terroriste ou tentative de renversement du général Abdourahamane Tiani ?
Alors que des mouvements de troupes stratégiques convergent vers le centre du pouvoir, les soupçons d’un putsch interne s’intensifient.
Le cœur du pouvoir nigérien a vacillé dans la nuit. Dès minuit, la capitale Niamey a été secouée par des détonations d’armes lourdes, des tirs de mortiers et des échanges prolongés à l’arme automatique. Selon plusieurs sources médiatiques, dont le journaliste spécialisé Akram Khrief combats se sont concentrés sur deux points névralgiques : le secteur du palais présidentiel et la zone de l’aéroport international Diori-Hamani, abritant la base aérienne 101.
Des indices concordants vers une action militaire interne
Bien que les autorités aient initialement évoqué une piste djihadiste — Niamey ayant déjà été ciblée en janvier et juin —, l’ampleur et la nature des affrontements privilégient désormais l’hypothèse d’une tentative de coup d’État.
Plusieurs éléments étayent cette mutation de la situation :
- Lourdeur des armements : Les feux nourris dépassent largement les capacités tactiques habituelles des groupes armés opérant dans l’ouest du Niger.
- Coupures d’électricité ciblées : Plusieurs quartiers stratégiques et axes menant à la présidence ont été plongés dans le noir durant les combats.
- Mouvements de troupes de l’opération Almahaou : Des unités aguerries en provenance de Tillabéri et de Ouallam ont été aperçues entrant dans la capitale (notamment à Yantala). La question de savoir sous quel commandement ces forces spéciales opèrent reste entière, certaines sources les désignant comme les instigateurs de l’assaut.
Enjeu stratégique à la base aérienne 101
La base 101 constitue le pivot de la défense nigérienne et le symbole des nouvelles alliances du régime. Elle accueille désormais des contingents issus de la coopération avec la Russie, l’Algérie et l’Italie, en plus des hélicoptères livrés récemment par Alger. Les combats prolongés autour de ce site soulignent une volonté claire de neutraliser la couverture aérienne de la capitale.
À ce stade, aucun communiqué officiel n’a été diffusé, et la situation personnelle du chef de l’État, le général Abdourahamane Tiani — au pouvoir depuis le renversement de Mohamed Bazoum en juillet 2023 —, demeure inconnue.
L’ombre de Saddam Haftar et des jeux d’influences régionaux
Si l’implication directe d’acteurs extérieurs reste non prouvée, le contexte géopolitique régional pèse lourdement sur cette crise. Un affaiblissement du régime de Tiani servirait directement les intérêts de Saddam Haftar, chef d’état-major des forces de l’Est libyen (Benghazi).
| Facteur de tension | Détails géopolitiques |
|---|---|
| Rupture Niamey-Benghazi | Accentuation des tensions en juin après la remise par le Niger d’un officier réclamé par Tripoli. |
| Soutien aux rebelles | En réplique, Benghazi a libéré Mahamoud Sallah (FPL, pro-Bazoum) et tolère des groupes armés opposés à Haftar (ex: troupes de Mohamed Wardougou) dans le nord du Niger. |
| Axe financier et sécuritaire | Inquiétudes autour du financement indirect de la zone : 50 millions de dollars auraient été versés au JNIM et 10 millions à l’État islamique au Sahel via des canaux transitant par Benghazi. |
Cette nuit d’affrontements marque la plus grave crise interne pour le régime militaire nigérien depuis trois ans. Les prochaines heures seront déterminantes pour mesurer le degré de loyauté de la garde présidentielle et des commandements régionaux.
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