Face à ce qu’ils qualifient de « promesses non tenues » et de « dialogue social en panne », cinq syndicats majeurs du secteur de la santé montent au créneau.
Ainsi, dans un communiqué conjoint inédit daté du 16 juillet 2026, le front syndical unit ses forces pour exiger une réforme profonde des statuts, la revalorisation des primes et une refonte totale de la fonction publique hospitalière.
Un front syndical uni face aux « promesses manquées »
C’est une véritable démonstration de force et d’unité. Les syndicats SABSP, SNAAMARSP, SNAPSY, SNMGSP et SNPEPM ont décidé de faire front commun. Réunis à Alger, les représentants de ces cinq organisations ont accordé leurs violons pour dénoncer d’une seule voix la dégradation continue des conditions de travail et la léthargie de leur ministère de tutelle.
Ce tir groupé syndical ne doit rien au hasard. Il intervient après le terrible incendie survenu à l’Établissement de l’enfance assistée d’El Mohammadia. Tout en présentant leurs condoléances aux victimes, les syndicats rappellent que la protection des vies et le service public exigent des engagements concrets, et non de simples discours de circonstance.
Le dialogue social qualifié de « simple boîte aux lettres »
Le premier angle d’attaque de cette coalition concerne l’efficacité des négociations. Selon les signataires, la Commission centrale du dialogue social s’est vidée de sa substance pour devenir une « procédure purement formelle ».
- Des réunions au compte-gouttes : Les syndicats dénoncent des rencontres trop espacées et irrégulières alors que les dossiers urgents s’accumulent.
- Un blocage administratif : Les organisations pointent du doigt l’interdiction de négocier directement avec les directions centrales compétentes.
- Une crise de confiance : En l’absence de suivi et d’exécution des décisions, la commission est désormais perçue comme une simple boîte aux lettres, rompant le lien de confiance entre l’administration et les partenaires sociaux.
Statuts et primes : 18 mois de surplace qui passent mal
Au cœur de la colère syndicale se trouve la révision des statuts particuliers. Bien que le ministère de la Santé ait reconnu dès décembre 2024 l’existence d’anomalies dans les textes officiels, le dossier s’enlise. Plus de 18 mois se sont écoulés sans qu’aucun résultat concret ne soit présenté par la commission mixte (Fonction publique et Finances).
Le volet financier cristallise également les tensions. Le front syndical s’indigne de la non-intégration des régimes indemnitaires dans les discussions actuelles. Qu’il s’agisse du versement des reliquats de la prime Covid, de la revalorisation des indemnités de garde, des urgences ou des risques professionnels, le ministère est accusé de s’enfermer dans un « silence persistant » malgré ses engagements initiaux.
« On ne peut pas bâtir un secteur de la santé fort et durable avec des professionnels qui souffrent d’épuisement et d’un manque de motivation. » — Extrait du communiqué conjoint.
Vers la création d’une Fédération des syndicats de la santé
Pour transformer ce coup d’éclat en une structure permanente, les cinq syndicats passent à la vitesse supérieure. Ils ont officiellement annoncé le projet de création d’une fédération des syndicats de la santé, s’appuyant sur les dispositions de la loi n° 23-02 relative à l’exercice du droit syndical.
L’objectif de cette coalition est clair : dépasser les clivages corporatistes et sectoriels étroits pour bâtir une force syndicale unie, indépendante et capable d’imposer un rapport de force avec la tutelle.
Les 5 exigences clés du front syndical
Pour désamorcer la crise, le collectif exige des mesures immédiates du ministère de la Santé :
- Un calendrier précis sur la révision des anomalies des statuts particuliers.
- L’ouverture d’un atelier sur les régimes indemnitaires et le paiement des primes en suspens.
- Le déblocage des promotions et des concours professionnels via des autorisations exceptionnelles pour régulariser des milliers de fonctionnaires.
- Un plan de recrutement massif pour pallier le manque criant de ressources humaines et alléger la charge de travail.
- La refonte de la fonction publique hospitalière (retraite équitable, reconnaissance des métiers pénibles et révision des volumes horaires) adaptés au rythme du service public (24h/24 et 7j/7).
En se positionnant en « état de consultation et de coordination permanentes », le front syndical prévient qu’il ne se contentera plus de promesses. La balle est désormais dans le camp du ministère.
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