Les importations de gaz par gazoduc de l’Union européenne ont progressé pour le quatrième mois consécutif en avril 2026, et l’Algérie figure parmi les moteurs de cette hausse.
Ainsi et dans un contexte de recomposition profonde des approvisionnements énergétiques européens, Alger renforce son ancrage en Europe du Sud.
Quatre mois de hausse consécutive : l’Algérie dans le peloton de tête
Selon un rapport du Forum des pays exportateurs de gaz, répécuté par le site Attaqa les importations européennes de gaz par gazoduc ont atteint 12,2 milliards de mètres cubes en avril 2026, soit une hausse de 0,2 % sur un an. Sur les quatre premiers mois de l’année, le total cumulé s’établit à 49 milliards de mètres cubes, contre 47,8 milliards à la même période en 2025.
Cette progression repose sur l’augmentation des livraisons de plusieurs fournisseurs clés : Norvège, Azerbaïdjan, Russie — et Algérie, dont les exportations vers l’Europe affichent une dynamique particulièrement solide.
+7 % vers l’Espagne, +4 % vers l’Italie : l’Algérie avance ses pions
Sur les quatre premiers mois de 2026, les exportations algériennes de gaz ont progressé de 7 % vers l’Espagne et de 4 % vers l’Italie. Ces deux marchés constituent le cœur de l’ancrage méditerranéen de Sonatrach, acheminant le gaz via les gazoducs Medgaz et Transmed.Ce gain prend une dimension encore plus stratégique au regard de l’effondrement concurrent des exportations libyennes : les livraisons de gaz libyen vers l’Italie ont chuté de 68 % sur la même période, laissant un vide que l’Algérie est en mesure d’occuper structurellement.
L’Italie, qui représente 15 % des flux totaux de gaz importés par l’UE sur la période janvier-avril, devient ainsi un terrain de consolidation direct pour le gaz algérien.
Un contexte européen en pleine recomposition
La recomposition du mix gazier européen offre à l’Algérie une fenêtre d’opportunité durable. Depuis 2021, la part du gaz russe dans les importations européennes par gazoduc est passée de 45 % à environ 12 % en 2025. Dans le même temps, la part globale des gazoducs dans les importations de l’UE a reculé de 80 % à 55 %, au profit du GNL (de 20 % à 45 %).
Malgré cela, les exportations russes via TurkStream ont encore augmenté de 7 % au cours des quatre premiers mois de 2026 — une tendance que l’Agence internationale de l’énergie juge préoccupante, en mettant en garde contre un retour à la dépendance énergétique vis-à-vis de Moscou, qu’elle qualifie d’erreur économique et politique dans le contexte actuel de tensions au Moyen-Orient.C’est précisément dans cet environnement que le gaz algérien joue un rôle de substitution fiable et politiquement acceptable pour les capitales européennes.
L’Algérie face à la concurrence : Norvège dominante, GNL britannique en forte hausse
La Norvège reste le premier fournisseur gazier de l’UE par gazoduc, couvrant plus de 50 % des importations par canalisation et environ 30 % des importations totales.
L’Allemagne, principal hub d’entrée du gaz en Europe, a absorbé 11,5 milliards de mètres cubes sur la période, soit près d’un quart du total.Sur le front du GNL, un phénomène notable émerge : les flux de gaz naturel liquéfié regazéifié en provenance du Royaume-Uni vers l’UE ont bondi de 272 %, représentant environ 0,9 milliard de mètres cubes — près de cinq fois plus qu’un an auparavant.Face à cette concurrence croissante, l’avantage compétitif de l’Algérie réside dans la proximité géographique, la capacité de ses gazoducs existants, et sa capacité à livrer sans les aléas logistiques du GNL maritime.
Perspectives : l’enjeu de la montée en capacité
Les données de 2026 confirment que l’Algérie a su tirer parti du réalignement énergétique européen post-Ukraine. Mais pour transformer cette position en levier durable, l’enjeu reste la montée en capacité de production et d’exportation de Sonatrach, dans un contexte où les volumes mondiaux de GNL augmentent et où la concurrence sur le marché méditerranéen s’intensifie. Les quatre prochains mois seront un test : l’Algérie pourra-t-elle maintenir sa progression face à une Norvège qui domine et à un GNL de p
