Le procureur de la République près le tribunal de Dar El Beïda a requis ce dimanche 7 juin 2026, sept ans de prison ferme contre une ancienne employée du ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, dans une affaire de corruption qui ébranle les rouages de l’administration algérienne du commerce.
22 prévenus dont cinq fonctionnaires du cabinet
Le dossier implique au total 22 prévenus : 17 commerçants et cinq fonctionnaires du ministère, parmi lesquels figure une secrétaire ayant exercé au sein d’un service sensible rattaché directement au cabinet du ministre. Une composition qui illustre l’imbrication entre opérateurs économiques privés et agents de l’État dans ce que l’enquête qualifie de système organisé de contournement des procédures légales d’importation.
Des licences d’importation obtenues par des procédés frauduleux
Selon les conclusions de l’instruction, les mis en cause auraient facilité l’octroi de licences d’importation au profit de commerçants en dehors de tout cadre réglementaire, en recourant à des méthodes frauduleuses permettant d’obtenir des avantages indus. Les chefs d’inculpation retenus sont notamment le faux et usage de faux ainsi que l’octroi d’avantages injustifiés — des infractions particulièrement graves dans un secteur soumis à un contrôle administratif et juridique strict.
La gendarmerie de Bab El Djedid à l’origine du dossier
Les investigations approfondies conduites par les services de la Gendarmerie nationale de Bab El Djedid ont permis de mettre au jour ces pratiques illégales et conduit le juge d’instruction à ordonner le placement en détention provisoire de l’ensemble des mis en cause. Enfin, fait significatif : le ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations s’est constitué partie civile dans cette procédure, signalant la gravité institutionnelle du dossier et la volonté des autorités d’afficher une rupture nette avec les pratiques de corruption interne. L’affaire est désormais en attente de jugement définitif.
