Dans le but de sécuriser ses stocks de légumineuses et garantir sa souveraineté alimentaire, l’Algérie envisage de se tourner vers le Mexique afin d’importer des pois chiches.
Ainsi et selon le site de la chambre du commerce de l’État mexicain de Sinaloa, l’Algérie se prépare à l’acquisition de 20 000 tonnes de pois chiches à un prix de référence d’environ 1 000 dollars la tonne.
Cette perspective s’inscrit dans le prolongement de contacts commerciaux établis lors du salon agroalimentaire international Gulfood à Dubaï, où producteurs et autorités mexicaines ont multiplié les rencontres avec des acheteurs internationaux.
Une opportunité commerciale née d’une mission à Dubaï
En effet, les autorités agricoles de l’État de Sinaloa, au Mexique, ont confirmé l’intérêt manifesté par Algérie pour l’achat de pois chiches produits dans la région. Selon le secrétaire à l’Agriculture et à l’Élevage, Ismael Bello Esquivel, cette perspective découle directement de la mission commerciale menée lors de la foire Gulfood.
Elle s’inscrit dans la stratégie du gouvernement régional dirigé par Rubén Rocha Moya, qui a accompagné pour la deuxième année consécutive les producteurs locaux à cet événement international afin de renforcer les débouchés du pois chiche de Sinaloa sur les marchés mondiaux.
Vers une offre de 20 000 tonnes pour le marché algérien
Ensuite, les autorités mexicaines ont indiqué avoir entamé les démarches diplomatiques nécessaires pour participer à un appel d’offres public organisé par l’Algérie dans le cadre de sa nouvelle politique d’achats consolidés par pays.
Dans cette perspective, un courrier officiel a déjà été adressé à l’ambassade d’Algérie afin de proposer la vente de 20 000 tonnes de pois chiches. Une telle opération permettrait aux producteurs de Sinaloa d’écouler une partie de leurs stocks et d’assurer une plus grande stabilité au marché local.
Un produit premium face à la concurrence internationale
De plus, les producteurs mexicains mettent en avant un argument de poids : la qualité et la taille du pois chiche de Sinaloa, considéré comme un produit « premium ». Le calibre – c’est-à-dire la taille du grain – constitue en effet un facteur déterminant dans la fixation des prix sur les marchés internationaux.
À cet égard, les responsables agricoles soulignent que certains concurrents majeurs, notamment Inde, premier producteur mondial avec une récolte estimée entre 9 et 10 millions de tonnes, ne proposent pas toujours un calibre comparable à celui du Mexique. Cette caractéristique permettrait ainsi au pays de se positionner sur un segment à forte valeur ajoutée.
Une production orientée vers l’exportation
En outre, la culture du pois chiche dans l’État de Sinaloa est essentiellement tournée vers les marchés extérieurs. Pour la campagne actuelle, près de 50 000 hectares ont été semés, avec une production estimée à 70 000 tonnes, soit un niveau inférieur à celui de la récolte record de 180 000 tonnes enregistrée lors du cycle précédent.
Les autorités rappellent que cette légumineuse n’appartient pas à la liste des produits de base consommés localement, ce qui explique l’importance stratégique de l’exportation pour la filière.
Un marché influencé par le contexte international
Par ailleurs, plusieurs facteurs externes influencent la rentabilité de cette activité, notamment les fluctuations du taux de change et les tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Néanmoins, la tenue anticipée du salon Gulfood cette année a permis aux producteurs de négocier leurs prix avant l’arrivée sur le marché de la récolte indienne.
Durant l’événement, les représentants mexicains affirment avoir établi près de 400 contacts directs avec des acheteurs internationaux, faisant du stand de Sinaloa l’un des plus fréquentés du salon.
Un investissement public pour soutenir la filière
Enfin, le gouvernement de l’État de Sinaloa a consacré environ 1,3 million de pesos à sa participation à l’événement de Dubaï. Cette enveloppe a couvert les frais d’installation du stand, les billets d’avion, l’hébergement et les déplacements des producteurs.
L’objectif affiché est de consolider la commercialisation d’une culture qui aurait généré près de 3 milliards de pesos de revenus en 2025, tout en renforçant la présence du pois chiche premium mexicain sur les marchés du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, où la demande demeure soutenue.
