Le projet d’implantation d’un marché de gros des produits alimentaires dans la wilaya d’Alger, lancé en 2015, peine toujours à voir le jour plus d’une décennie après son annonce.
Ainsi, à l’occasion d’une séance plénière du Conseil de la Nation tenue ce jeudi 16 avril 2026, le sénateur Mohamed Amine Sahli a interpellé la ministre du Commerce intérieur, Amel Abdellatif, sur les raisons du retard dans la concrétisation de ce projet stratégique.
Le foncier, principal obstacle à la réalisation
En réponse, la ministre a mis en avant les efforts conjoints de son département et des autorités locales pour concrétiser ce marché de gros. Toutefois, elle a identifié un obstacle majeur : la problématique du foncier.
Selon ses explications, une assiette foncière avait été proposée au niveau de la commune de Bir Touta, où des études techniques ont été menées et un accord de principe accordé pour la réalisation du projet. Cependant, ce terrain étant classé comme agricole stratégique, toute modification de sa vocation a été refusée, empêchant ainsi le lancement du chantier.
Des alternatives en cours pour relancer le projet
Face à cet obstacle, Mme Abdellatif, a souligné que son département poursuit la recherche de solutions alternatives, notamment sur le plan foncier et technique, afin d’accélérer la mise en œuvre du projet. L’objectif est de transférer l’activité commerciale vers un espace organisé, conforme aux normes juridiques, sanitaires et sécuritaires, tout en instaurant un système de facturation et de suivi financier. Une telle organisation permettrait également de renforcer les recettes du Trésor public et de mieux protéger les consommateurs.
Le cas de Semmar : un désordre hérité du passé
La ministre a également évoqué la situation de la zone de Semmar, dans la commune de Gué de Constantine, caractérisée par des dysfonctionnements liés à une urbanisation anarchique et à une activité commerciale non structurée. Ces pratiques ont engendré un manque de transparence dans les transactions, des insuffisances en matière de contrôle sanitaire ainsi que des dérives fiscales. Néanmoins, les pouvoirs publics ont intégré cette problématique dans une stratégie globale visant à formaliser progressivement ce secteur.
La numérisation pour mettre fin à l’anarchie
Dans le cadre de la transformation numérique, le ministère du Commerce intérieur a mis en place une plateforme numérique nationale dédiée au suivi des marchés et des espaces commerciaux.
Cet outil permet de collecter des données en temps réel sur les flux de marchandises et l’évolution des prix, contribuant ainsi à améliorer la régulation du marché, la planification et la prise de décision.
Parallèlement, les opérations de contrôle ont été intensifiées dans les zones concernées, notamment à Semmar, en coordination avec les services compétents.
L’objectif est de lutter contre les pratiques illégales, d’imposer le respect des règles d’hygiène et de facturation, en attendant la mise en place d’une solution structurelle durable.
