Dans un contexte de chaos géopolitique sans précédent au Moyen-Orient, marqué par une escalade militaire directe entre l’axe américano-israélien et l’Iran, l’Algérie émerge comme un pivot de stabilité.
Ainsi, profitant d’une flexibilité opérationnelle accrue, Alger intensifie ses exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) pour pallier les ruptures de stocks mondiales.
Une stratégie d’opportunité et de solidarité
Selon la plateforme spécialisée Energy, les autorités algériennes s’apprêtent à doper leur présence sur le marché spot (marché court terme). Grâce à un outil de production prêt à l’emploi, la Sonatrach pourrait augmenter la fréquence de ses expéditions pour capturer des marges de prix attractives tout en assurant la sécurité énergétique de ses partenaires.
Au-delà de l’aspect commercial, Alger envisage un rôle de « secouriste énergétique » régional. En cas de blocage prolongé des routes maritimes, la diplomatie énergétique algérienne pourrait rediriger des cargaisons vers des pays arabes sous pression, notamment l’Égypte, le Koweït, l’Arden et Bahreïn.
Le détroit d’Ormuz sous verrou : un séisme énergétique
L’onde de choc a été déclenchée par l’annonce de Téhéran de la fermeture du détroit d’Ormuz. Ce passage, par lequel transite 20% de la consommation mondiale de pétrole et de GNL, est désormais totalement paralysé suite à des frappes aériennes massives sur le sol iranien.
Cette fermeture asphyxie les exportations des géants du Golfe. La situation est d’autant plus critique que les infrastructures de production sont désormais directement visées :
- Qatar : Le géant QatarEnergy a annoncé l’arrêt total de sa production de GNL après des attaques contre les complexes industriels de Ras Laffan et Mesaieed.
- Arabie Saoudite : Ce lundi 2 mars, la raffinerie géante de Ras Tanura (Aramco) a été contrainte de suspendre ses activités après une attaque de drones, provoquant des incendies bien que maîtrisés par la défense saoudienne.
L’Algérie, l’alternative face à la paralysie des raffineries
Le lien entre la fermeture des raffineries du Golfe et l’offensive commerciale algérienne est direct. Alors que les infrastructures majeures de transformation et de liquéfaction (Qatar) sont hors service ou inaccessibles, le marché mondial fait face à un déficit brutal de produits raffinés et de gaz.
En augmentant ses cargaisons immédiates, l’Algérie ne se contente pas de remplacer les volumes perdus ; elle offre une alternative logistique vitale. Contrairement au gaz qatari, prisonnier du détroit d’Ormuz, le gaz algérien bénéficie d’un accès direct et sécurisé à la Méditerranée, faisant d’Alger le nouveau garant de l’approvisionnement, tant pour l’Europe que pour ses voisins arabes.
