Nommé en sauveur après le limogeage de Sabri Lamouchi, Hervé Renard a vécu des débuts catastrophiques avec la Tunisie.
Ainsi, déjà éliminés de la Coupe du Monde après une lourde défaite face au Japon (4-0), les Aigles de Carthage traversent une crise historique. Entre reconstruction XXL et doutes légitimes, quel est l’avenir du technicien français à la tête de la sélection tunisienne ?
Un «électrochoc» raté et une crise historique
En effet, la Fédération tunisienne de football (FTF) pensait avoir trouvé l’homme de la situation. En licenciant Sabri Lamouchi dès les premiers jours du tournoi après l’humiliation subie face à la Suède (5-1), l’instance dirigeante — déjà secouée par des luttes de pouvoir internes — misait tout sur l’effet d’un électrochoc.
Libre depuis son départ d’Arabie saoudite, Hervé Renard débarquait avec son costume de bâtisseur et une communication rodée, axée sur le renouveau et l’espoir. Malheureusement, le mirage n’a pas duré. Pour son premier match sur le banc, le « Sorcier Blanc » a vu ses joueurs sombrer face au Japon (4-0). Une nouvelle correction qui plonge la Tunisie dans une crise statistique inédite :
• 9 buts encaissés en deux matches : La Tunisie devient la pire défense africaine dans un Mondial depuis le Zaïre en 1974 (11 buts).
• Une série noire historique : Il faut remonter à 1960 pour voir les Aigles de Carthage encaisser au moins 4 buts lors de trois rencontres consécutives.
• Un triste record pour Renard : Le Français est le premier sélectionneur tunisien à débuter par une défaite de quatre buts d’écart depuis Milan Kristic en janvier 1960.
Hervé Renard face au chantier de sa carrière : Peut-il rester ?
Officiellement éliminée avant même de jouer son troisième match face aux Pays-Bas, la Tunisie doit déjà regarder vers l’avenir. Et cet avenir s’annonce particulièrement flou pour Hervé Renard. Venu pour s’inscrire sur le long terme, le technicien français mesure aujourd’hui l’ampleur des maux qui rongent le football tunisien.
Interrogé au micro de beIN SPORTS, le sélectionneur n’a pas caché sa lucidité face à l’immensité de la tâche : « On ne peut pas se satisfaire d’un score comme celui-là. […] On a été trop soft défensivement. Le moral c’est difficile […]. Il va falloir un peu de fierté pour jouer ce troisième match face aux Pays-Bas de la meilleure des façons. »
Les scénarios pour l’avenir du sélectionneur
Si le contrat initial prévoyait une reconstruction globale, la violence de l’élimination change la donne. Deux trajectoires se dessinent désormais pour l’avenir d’Hervé Renard en Tunisie :
1. Le maintien du projet à long terme : La FTF maintient sa confiance en Renard pour mener une purge nécessaire au sein de l’effectif et rebâtir une équipe compétitive pour les prochaines échéances continentales. Le Français a déjà prouvé par le passé qu’il savait reconstruire des nations en transition.
2. La rupture prématurée : Face à la pression populaire et à l’instabilité politique de la fédération, le sélectionneur et la FTF pourraient convenir d’une séparation à l’amiable dès la fin de la Coupe du Monde, constatant l’impossibilité de travailler dans un tel climat.
Une chose est sûre : le match face aux Pays-Bas ne sera pas seulement une question d’honneur. Il s’agira du premier test de résilience pour savoir si Hervé Renard a les épaules, et surtout l’envie, de guider la Tunisie vers sa future reconstruction.
