Brahim Hemdani a posé les premières bases de son projet avec l’Algérie. Belloumi, les jeunes, les binationaux, le brassard, Mahrez ou encore la CAN 2027 : le nouveau sélectionneur a abordé tous les grands dossiers.
Brahim Hemdani a effectué sa première grande prise de parole en tant que sélectionneur de l’équipe nationale d’Algérie. Face aux médias i, le nouveau patron des Verts a abordé de nombreux sujets : ses choix, son staff, la nouvelle génération, Bachir Belloumi, les binationaux, le capitanat, les gardiens, l’après-Mahrez ou encore les objectifs de la sélection. Une conférence riche qui permet déjà de mieux cerner sa méthode et la direction qu’il souhaite donner à son mandat.
Belloumi, les jeunes et la nouvelle génération
Interrogé sur Bachir Belloumi et la possibilité de le voir rapidement s’installer dans le onze, Hemdani a appelé à la patience. « Je comprends que vous aimez Belloumi, mais il est prématuré de dire qui va être titulaire. C’est à lui de m’inciter à le faire démarrer le match. »
Le sélectionneur veut d’ailleurs maintenir une concurrence ouverte. « Les portes de la sélection sont ouvertes à ceux qui veulent y entrer, mais les jeunes doivent aussi patienter. »
Hemdani connaît particulièrement bien la nouvelle génération après son récent passage avec les U21. « Les joueurs des Jeux méditerranéens sont dans un processus de développement, ils manquent de temps de jeu en club. J’ai pu me rapprocher de cette génération, rien n’est exclu. Je suis sûr que certains d’entre eux arriveront en A. »
La retraite internationale de plusieurs cadres après la Coupe du Monde pourrait également accélérer ce renouvellement. « Depuis la Coupe du Monde, beaucoup de choses ont eu lieu, des joueurs ont pris leur retraite. Ça ouvre une opportunité à la jeunesse pour prendre le pouvoir. »
Hemdani défend son staff et précise le rôle d’Anthar Yahia
Questionné sur l’expérience de son encadrement, l’ancien capitaine de l’Olympique de Marseille a tenu à répondre aux critiques. « Les membres du staff ont une grande expérience internationale contrairement à ce que vous dites. Je travaille avec un adjoint et un manager général qui connaissent bien l’Afrique. »
Concernant Anthar Yahia, Hemdani a également voulu lever toute ambiguïté sur la hiérarchie. « Je suis l’entraîneur principal, Anthar sera mon adjoint, notamment pour faire la liste. Il n’y a pas d’ambiguïté sur nos rôles. »
Le nouveau sélectionneur estime aussi que son vécu au plus haut niveau constitue un atout important. « J’ai connu le haut niveau en tant que joueur, ainsi que les grandes compétitions. Je suis très à l’aise avec les vestiaires et le fait d’aller chercher des objectifs élevés. »
À propos de son arrivée relativement tardive en sélection durant sa carrière de joueur, Hemdani assume pleinement : « Quand vous faites une carrière, vous faites des choix. J’assume mes choix. »
Un nouveau projet de jeu sans regarder dans le rétroviseur
Hemdani n’a pas souhaité s’attarder sur le bilan de son prédécesseur ni sur les prestations de l’Algérie lors du dernier Mondial. « Je ne vais pas parler de ce qui s’est passé avant. Ce qui s’est passé dans le jeu à la Coupe du Monde… Tous les entraîneurs sont sujets à la critique. Nous allons tâcher de proposer un projet de jeu clair dès le début afin que ça puisse matcher avec notre projet. »
Sa méthode reposera avant tout sur les performances du moment. « Je ne suis pas venu avec des idées arrêtées. La sélection correspond à un moment T. Personne n’a été écarté, seules les performances serviront de critères. »
Il prévient néanmoins que l’attitude en dehors du terrain sera également surveillée. « Mais à l’avenir, si un joueur se distingue par un comportement douteux, on prendra les décisions qu’il faut. »
Construire un groupe stable prendra toutefois du temps. « C’est le métier de l’entraîneur de faire des choix. En tout cas, chercher une base la plus élargie pour avoir un onze et après on tendra vers une certaine stabilité. »
Pression, critiques et manque de temps
Hemdani sait également qu’il arrive dans un environnement particulièrement exigeant. « On n’accepte pas ce poste si on n’est pas prêt à affronter la presse et la pression populaire. Je viens très régulièrement en Algérie, je connais bien les supporters et pour le moment je sens beaucoup de compréhension. »
Le technicien ne semble toutefois pas particulièrement perturbé par les critiques. « Les critiques font partie du métier. J’ai un avantage : je ne suis pas sur les réseaux sociaux. »
La préparation de sa première liste s’est faite dans un délai particulièrement court. « On a un timing court, mais ce sont des problématiques que les entraîneurs doivent gérer. On a essayé de superviser un maximum de joueurs sans prendre en compte le niveau de leur championnat. »
CAN 2027, gardiens et futur capitaine
Concernant les objectifs, Hemdani préfère avancer étape par étape. « L’objectif, c’est d’aller à la CAN avec une équipe ambitieuse, mais il faut d’abord se qualifier et gérer déjà ces deux premiers matchs. »
Le poste de gardien, particulièrement discuté après la Coupe du Monde, reste également ouvert. « Les gardiens, c’est un poste qui a posé des questions après la Coupe du Monde. On n’a écarté personne. Si Benbot est bon en club, il reviendra. »
La question du brassard n’est pas encore totalement tranchée. « J’ai une idée pour le brassard. Je vais voir les joueurs qui sont capables d’encadrer les jeunes et on verra. »
Les binationaux et la succession de Mahrez
Le nouveau staff travaille également activement sur plusieurs joueurs disposant de plusieurs nationalités sportives. « Il y a un certain nombre de joueurs qui ont le choix entre plusieurs sélections. La semaine dernière, on a passé beaucoup de temps sur ces dossiers, on essaie de les convaincre. C’est un processus compliqué, mais on va faire le maximum. »
Enfin, le départ de Riyad Mahrez ouvre une nouvelle bataille sur le côté droit. Hemdani estime toutefois disposer de nombreuses solutions. « On a du choix au poste de Mahrez, c’est un certain luxe. Il y en a qui jouent la Coupe d’Europe. Maintenant, c’est difficile : entre être remplaçant de Mahrez et être numéro un, c’est différent. »
Entre ouverture à la jeunesse, concurrence permanente, exigence comportementale et volonté d’installer rapidement une identité de jeu, Brahim Hemdani a donc posé les premières bases de son projet. Ses premiers matchs à la tête des Verts permettront désormais de mesurer comment ces principes se traduiront sur le terrain.
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