L’Algérie franchit un cap décisif dans sa quête d’indépendance médicale. Ce jeudi 24 septembre 2026, le groupe pharmaceutique public Saidal a officiellement remis en service son unité de distillation des solvants située à Médéa.
Après plus de vingt années d’inactivité, cette relance marque le début effectif de la production d’« Acétate de butyle », une étape fondatrice pour le développement d’une véritable industrie des matières premières pharmaceutiques à l’échelle nationale.
20 ans de dormance industrielle à Médéa
La remise en marche de cette installation ne se résume pas à une simple opération technique. Sous la supervision directe de M. Younes Bouarara, Directeur Général du complexe Saidal, le redémarrage de l’unité de Médéa symbolise la réappropriation d’un outil industriel laissé à l’abandon pendant plus de deux décennies.
La distillation de l’Acétate de butyle, désormais opérationnelle, exige un savoir-faire spécifique et des infrastructures de pointe. En réactivant cette chaîne, Saidal démontre sa capacité à moderniser ses pôles industriels et à répondre aux exigences techniques de la chimie fine, préalable indispensable à la fabrication de principes actifs complexes.
Antibiotiques et Pénicilline G : un tremplin
L’importance de ce projet réside dans son rôle de catalyseur pour l’ensemble de la chaîne de valeur du médicament. L’Acétate de butyle n’est pas une fin en soi, mais un solvant essentiel dans les processus d’extraction et de purification. Sa disponibilité locale est une « phase très importante » et un prérequis absolu pour amorcer la production de la matière première de la Pénicilline G et de ses dérivés.
Dans le domaine de l’industrie du médicament, la maîtrise des matières premières constitue le véritable nerf de la guerre. Actuellement, la majorité des laboratoires mondiaux dépendent de l’importation de ces composants de base, ce qui expose les systèmes de santé aux ruptures de stock et aux fluctuations des marchés internationaux. En produisant localement les intrants nécessaires aux antibiotiques, l’Algérie sécurise la base même de son arsenal thérapeutique.
Les bénéfices directs de cette intégration industrielle :
- Sécurisation de la chaîne d’approvisionnement : Indépendance vis-à-vis des fournisseurs étrangers pour les solvants de base.
- Création de valeur ajoutée : Transition d’une industrie de conditionnement vers une véritable industrie de synthèse chimique et pharmaceutique.
- Transfert technologique : Montée en compétence des ingénieurs et techniciens algériens sur des procédés de chimie fine.
Un levier pour la souveraineté sanitaire
Ce projet s’inscrit en droite ligne avec la feuille de route du Ministère de l’Industrie Pharmaceutique. Le renforcement des capacités de production nationales de matières premières est aujourd’hui identifié comme le levier principal pour garantir la souveraineté sanitaire du pays.
Sur le plan économique, l’impact est double. D’une part, la substitution de l’importation de ces matières premières par une production locale pèsera de manière significative sur la réduction de la facture d’importation globale du pays. D’autre part, la maîtrise des coûts de production à la source permettra à terme de stabiliser, voire de réduire, le coût de revient des médicaments essentiels mis à la disposition des citoyens.
La démarche initiée par Saidal à Médéa dépasse le cadre de la relance d’une usine. Elle pose les fondations d’un écosystème pharmaceutique national résilient, capable d’anticiper les crises sanitaires et de soutenir la croissance de l’industrie du médicament en Algérie pour les décennies à venir.
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