Alger s’apprête à accueillir un sommet mondial majeur dédié au « SoutH2Corridor », le mégaprojet de transport d’hydrogène vert reliant l’Afrique du Nord à l’Europe.
Sous l’impulsion du ministère de l’Énergie, la capitale algérienne devient le point névralgique de la transition énergétique méditerranéenne.
Un rendez-vous international stratégique orchestré depuis Alger
La capitale algérienne s’apprête à abriter un événement diplomatique et énergétique de portée internationale. Ce dimanche 30 août 2026, Mourad Adjal, ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, a présidé une reunion décisive au siège du ministère pour finaliser les préparatifs de ce grand rassemblement.
Consacré au lancement et au déploiement du SoutH2Corridor (Corridor Sud H2), cet événement réunira à Alger les ministres de l’Énergie des pays partenaires, notamment d’Italie, d’Autriche et d’Allemagne. À l’issue des présentations techniques, le ministre a délivré des directives strictes pour garantir la réussite de ce rendez-vous qui scelle un partenariat stratégique entre l’Algérie et le Vieux Continent.
Un mégaprojet d’infrastructure de Hassi Messaoud jusqu’à l’Europe
Le SoutH2Corridor s’impose comme une artère énergétique vitale visant à acheminer jusqu’à 4 millions de tonnes d’hydrogène vert et bleu par an.
[Algérie (Hassi Messaoud)] ➔ [Tunisie (Sfax)] ➔ [Méditerranée] ➔ [Italie] ➔ [Autriche] ➔ [Allemagne]
- Point de départ : Hassi Messaoud (Algérie)
- Tracé terrestre et maritime : Transit par Sfax (Tunisie), traversée de la Méditerranée, puis jonction avec le réseau de Snam S.p.A. en Italie avant d’atteindre l’Autriche et l’Allemagne.
- Optimisation des coûts : Environ 70 % du réseau s’appuiera sur la conversion d’infrastructures existantes réaménagées, complétées par de nouvelles conduites dédiées.
Face au projet H2Med (Espagne-France-Portugal), le SoutH2Corridor — soutenu par un accord direct entre Rome et Berlin et approuvé par la Commission européenne — positionne l’Algérie en acteur incontournable de la sécurité énergétique européenne.
Réduction des risques et suivi intergouvernemental
Au-delà de l’infrastructure physique, l’événement d’Alger posera les bases du cadre réglementaire et financier du projet. Les pays signataires s’engagent à :
- Financement et gestion des risques : Identifier les levées de fonds et instaurer des mécanismes de réduction des risques investisseurs.
- Transfert de compétences : Renforcer les capacités locales et partager l’expertise technique.
- Gouvernance : Mettre en place un groupe de travail conjoint réuni tous les six mois pour assurer un suivi rigoureux.
L’Algérie, futur géant de l’hydrogène propre
Ce lancement s’inscrit dans la feuille de route nationale du ministère de l’Énergie, articulée en trois grandes étapes :
| Phase | Période | Objectif principal |
|---|---|---|
| Phase 1 | 2023 – 2030 | Démarrage, cadres réglementaires et formation |
| Phase 2 | 2030 – 2040 | Expansion du réseau et création du marché local/régional |
| Phase 3 | 2040 – 2050 | Industrialisation massive et exportation à grande échelle |
Grâce à ses avantages concurrentiels uniques (gisements solaires, proximité géographique et réseaux gaziers), l’Algérie entend diversifier ses revenus hors hydrocarbures et créer des emplois durables, s’affirmant définitivement comme le fournisseur clé de l’Europe en énergie propre.
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