L’Algérie accélère la cadence sur le projet de phosphate intégré (PPI) de Bled El-Hadba.
Ainsi, porté par un partenariat 100% public entre la Sonarem et la Sonatrach, ce mégaprojet structurant entre dans une phase décisive.
En effet, au-delà du défi technique, cette mine représente un levier hautement stratégique pour la diversification économique et la souveraineté industrielle du pays.
Une accélération des travaux sous haute surveillance étatique
Lancé en octobre 2024, le chantier de Bled El-Hadba (Tébessa) avance à pas soutenus sous la supervision directe des plus hautes autorités de l’État. Pour sa première visite sur le terrain, le ministre des Mines et des Industries minières, Mourad Hanifi, a pu constater l’état d’avancement de la première phase opérationnelle.
Les chiffres clés de cette entrée en matière témoignent de l’envergure des opérations :
• 1,5 million de tonnes de couches stériles ont déjà été excavées.
• 1 million de tonnes de phosphate brut ont été extraites avec succès.
• 3,5 millions de tonnes de minerai sont ciblées d’ici la fin de l’année en cours, dont 2,5 millions seront enrichies directement sur place.
L’objectif à court terme est clair : les équipes préparent l’équivalent de 4 millions de tonnes de phosphate brut avant la fin du deuxième trimestre 2027 afin de sécuriser l’approvisionnement des futures unités de traitement.
Un maillon clé pour l’axe industriel Tébessa – Souk Ahras – Annaba
Par ailleurs, l’horizon 2027 marquera un tournant systémique pour le secteur minier national. L’entrée en exploitation de la mine coïncidera avec la finalisation de plusieurs infrastructures connexes de premier plan : la modernisation de la ligne ferroviaire minière Est, l’extension du port minéralier d’Annaba, et la construction du complexe de transformation d’Oued Kebrit (Souk Ahras), dont les travaux d’ingénierie (EPC) ont été confiés au géant italien Saipem.
À terme, la mine de Bled El-Hadba passera à la vitesse supérieure pour atteindre une production de 10 millions de tonnes de minerai de phosphate par an.
L’Algérie vise le top mondial de l’industrie des engrais
La portée économique de ce projet est colossale. En valorisant sa ressource de manière locale, l’Algérie s’affranchit de la simple exportation de matières brutes pour capter la valeur ajoutée de la transformation chimique.
L’objectif stratégique : Produire 6 millions de tonnes de phosphate enrichi par an destinés à être transformés localement au sein du pôle industriel d’Oued Kebrit pour fabriquer tous types d’engrais.
Conformément aux directives du président de la République, cette stratégie poursuit un double objectif national et international :
1. Garantir la sécurité alimentaire : Fournir au secteur agricole national des engrais de production locale à des coûts compétitifs.
2. Devenir un acteur exportateur majeur : Conquérir des parts de marché à l’international dès l’année prochaine en exportant l’excédent de production, générant ainsi de nouvelles rentrées de devises hors-hydrocarbures.
Après le mégaprojet de fer de Gara Djebilet, le Projet de Phosphate Intégré s’impose définitivement comme le second poumon de la nouvelle stratégie minière et industrielle algérienne.
