L’aventure des Fennecs version Petkovic aux États-Unis prend fin brusquement. L’élimination de l’Algérie de la Coupe du monde 2026 face à la Suisse laisse un goût particulièrement amer aux supporters.
Si la déception est immense, c’est surtout le contenu du match et les décisions du sélectionneur qui cristallisent les tensions. Entre défaillance technique flagrante et choix tactiques suicidaires, le retour à la réalité est brutal pour les Verts.
Pour l’ancien capitaine et champion d’Afrique 2019, Rafik Halliche, le constat est sans appel : l’équipe nationale a perdu son âme.
Rafik Halliche : « La sélection a perdu son esprit de guerrier »
Invité à analyser la rencontre sur le plateau de beIN Sports, l’ex-défenseur international Rafik Halliche n’a pas caché son amertume face au visage montré par les Verts durant cette compétition.
« Au-delà de l’identité de jeu de l’équipe, il est clair que cette sélection a perdu cette combativité, cet enthousiasme et cet esprit de guerrier qui la caractérisaient autrefois. Nous ne les avons aperçus que lors d’un seul match sur les quatre disputés, celui contre l’Autriche », a regretté l’ancien cadre de la défense algérienne.
Selon lui, la perte de cette agressivité positive et de cet esprit de sacrifice a privé l’Algérie de ses meilleures armes, rendant l’équipe vulnérable et étonnamment passive.
Les choix tactiques de Vladimir Petković pointés du doigt
C’est le principal point noir de cette Coupe du monde : la gestion du match par Vladimir Petković. Alors qu’il connaissait la Nati (la Suisse) sur le bout des doigts pour l’avoir dirigée pendant des années, le technicien bosnien a sombré dans ses propres certitudes.
L’énigme du « faux numéro 9 » et le cas Ibrahim Maza
Pour affronter le bloc suisse, Petković a misé sur une animation sans véritable attaquant de pointe. Un choix fortement critiqué par Halliche :
- Un jeu direct sacrifié : « Jouer avec un faux numéro 9 permet de mieux conserver le ballon, c’était probablement l’idée du sélectionneur. Mais en contrepartie, l’équipe se prive de solutions de jeu direct. »
- Le repositionnement d’Ibrahim Maza : La jeune pépite du Bayer Leverkusen a été alignée dans ce rôle hybride de faux numéro 9. Un contresens tactique selon l’ancien international, qui estime que cette décision a bridé et considérablement réduit le potentiel offensif de la jeune star.
Une défaillance technique et physique flagrante
Au-delà de la tactique, c’est le niveau technique global et l’état de forme des joueurs qui ont Requirements interpellé. Entre une charnière centrale aux abois, un milieu de terrain sans boussole et des erreurs individuelles grossières, l’Algérie a tendu les bâtons pour se faire battre.
Le deuxième but suisse, inscrit dès le retour des vestiaires, illustre parfaitement ce manque de sérénité. Qualifiant cette action de « naïve », Rafik Halliche enfonce le clou :
« Notre équipe semblait physiquement émoussée et a pris plusieurs mauvaises décisions, avec des erreurs très évitables, comme sur l’action du deuxième but. »
Ce naufrage technique n’est pourtant pas une surprise. Il couvait déjà lors d’un premier tour poussif face à l’Argentine, la Jordanie et l’Autriche, où le jeu proposé manquait cruellement d’âme et de certitudes.
Quel avenir pour les Verts et Vladimir Petković après le fiasco US?
Quinze ans après l’épopée héroïque de Porto Alegre en 2014, où les Fennecs de Vahid Halilhodžić faisaient trembler l’Allemagne, le réveil est douloureux. En 2026, il n’y aura pas de miracle. Riyad Mahrez et ses coéquipiers quittent le tournoi par la petite porte, brisant les rêves des milliers de supporters venus en masse de l’autre côté de l’Atlantique.
Désormais, un chantier immense de reconstruction s’impose. Mais une question brûle les lèvres de tous les observateurs : quel est l’avenir de Vladimir Petković ?
Bien que le sélectionneur ait récemment prolongé son contrat jusqu’en 2028, ce fiasco tactique et l’élimination précoce de l’Algérie rebattent totalement les cartes. L’avenir du coach sur le banc des Verts est aujourd’hui plus que jamais remis en cause.
