Le football algérien est secoué par un nouveau scandale de fuite de jeunes talents. Selon des informations révélées par le quotidien arabophone El Khabar, la jeune pépite de l’équipe nationale des moins de 17 ans (U17), Yassine Abed, a quitté précipitamment le territoire national pour s’envoler vers Doha.
Un départ choc destiné à concrétiser son engagement avec le club d’Al-Ahli SC, relançant ainsi les débats sur les méthodes de recrutement et de naturalisation ciblées par le Qatar dans le Maghreb.
Un départ surprise en plein regroupement national
Révélé aux yeux du grand public lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations U17 sous les couleurs des « Verts », Yassine Abed représentait l’un des plus grands espoirs de sa génération. Alors qu’il achevait un stage de préparation intensif avec la sélection nationale, le jeune joueur de 16 ans a immédiatement pris un vol à destination de la capitale qatarie en compagnie de ses parents et de sa famille.
Cette décision soudaine a pris de court l’instance fédérale. Selon El Khabar, le départ d’Abed a provoqué la vive irritation de la Fédération Algérienne de Football (FAF), l’instance estimant qu’un joueur sous contrat ne peut en aucun cas négocier ou s’engager avec une entité étrangère à l’insu des autorités sportives locales.
Le Paradou AC dépose plainte : manœuvre stratégique ou déprise ?
Le dossier prend une tournure encore plus complexe sur le plan administratif. Le Paradou AC, club formateur réputé par lequel le joueur est censé être lié juridiquement, a transmis le jour même une correspondance officielle à la FAF. L’académie y signale officiellement « l’absence injustifiée de Yassine Abed aux entraînements et son non-retour au club à l’issue du rassemblement de l’équipe nationale ».
Cependant, cette démarche suscite de nombreuses interrogations dans l’environnement sportif local. Des rumeurs concernant un intérêt concret d’Al-Ahli SC circulaient déjà depuis plus d’une semaine. Pour plusieurs observateurs, cette plainte administrative tardive du Paradou AC pourrait constituer une tentative d’anticipation visant à se dégager de toute responsabilité morale ou juridique face à l’opinion publique si le détournement du joueur venait à se confirmer.
Stratégie de naturalisation : l’ombre du projet qatari
Ce départ s’inscrirait dans une stratégie globale plus large menée par les instances qataries. Le pays du Golfe applique depuis plusieurs années une politique de recrutement ciblé de jeunes pépites maghrébines afin d’alimenter ses clubs locaux puis, à terme, son équipe nationale.
Il y a environ deux ans, cinq jeunes joueurs algériens avaient déjà pris la direction du championnat qatari. Parmi eux figurait Omar Rafik, qui a par la suite décliné les convocations en équipe nationale algérienne. Selon les règlements de la FIFA, un joueur doit résider au moins cinq ans sur le territoire d’une association avant ses 10 ans (ou 5 ans consécutifs après ses 18 ans selon les statuts révisés) pour pouvoir prétendre à une modification de sa nationalité sportive.
Le système TMS de la FIFA comme juge de paix
L’issue juridique de ce dossier reposera sur l’utilisation du TMS (Transfer Matching System), la plateforme obligatoire de la FIFA pour la validation des transferts internationaux.
Deux scénarios restent désormais possibles :
- Un transfert de gré à gré : Si une transaction financière est enregistrée sur le TMS entre le Paradou AC et Al-Ahli SC, cela prouvera que le transfert s’est déroulé dans un cadre légal et négocié entre les deux directions.
- Une rupture unilatérale : Si le joueur s’est engagé sans accord préalable, la FAF et le club algérien pourront contester la délivrance du Certificat International de Transfert (CIT) et porter le litige devant les chambres de résolution de la FIFA.
L’évolution du dossier dans les prochains jours révélera si l’Algérie vient de perdre définitivement l’un de ses plus purs talents au profit du football qatari.
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