Le dossier de la retraite anticipée en Algérie continue de susciter de vives interrogations au sein de plusieurs secteurs professionnels.
Ainsi, après l’abaissement de l’âge de départ à la retraite dans le secteur de l’éducation — fixé désormais à 57 ans pour les hommes et 52 ans pour les femmes — d’autres corporations, notamment dans la santé, réclament l’application de mesures similaires.
Les syndicats mettent la pression
En effet, les représentants des travailleurs du secteur de la santé reviennent ainsi à la charge, demandant à bénéficier du même régime que celui accordé aux enseignants, invoquant la pénibilité de leurs conditions de travail. Pour rappel, la loi n°16-16 du 31 décembre 2016, a supprimé les dispositifs de retraite anticipée ainsi que la retraite sans condition d’âge après 32 ans de service. Cette réforme a fixé l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans, dans un contexte économique particulier visant à soutenir le développement national.
La question de la retraite anticipée a été largement soulevée par les syndicats de la santé lors de leurs récentes consultations avec le ministre de la Santé, le professeur Mohamed Seddik Ait Messaoudène.
Ces derniers ont mis en avant la pénibilité des conditions de travail dans ce secteur névralgique, caractérisé par une forte pression, des horaires contraignants et des risques professionnels élevés.
Face à cette réalité, les professionnels de la santé espèrent obtenir une reconnaissance officielle de la pénibilité de leurs métiers, ouvrant ainsi la voie à un départ anticipé à la retraite.
Métiers pénibles : une liste encore en cours d’élaboration
Par ailleurs et au sujet du dossier sensible de la liste des métiers classés comme «pénibles», le ministre du Travail, de la Sécurité sociale et des Affaires sociales, Abdelhak Saïhi, a été interpellé par un sénateur sur la question. En réponse, le ministre a précisé qu’aucune liste définitive des métiers concernés «n’a encore été arrêtée». Il a indiqué qu’un groupe de travail pluridisciplinaire est actuellement mobilisé pour étudier cette problématique complexe.
Selon M. Saïhi, ce groupe comprend des représentants de plusieurs départements ministériels, notamment celui de la santé, des experts en médecine du travail ainsi que des organisations de défense des droits des travailleurs. « Il s’agit d’un travail complexe qui nécessite du temps. Classer un métier comme pénible obéit à des critères stricts qui dépassent les prérogatives d’un seul comité », a souligné le ministre.
