À l’approche de la clôture de la campagne électorale pour les législatives, fixée au 2 juillet, la tension monte d’un cran à Tizi-Ouzou.
Ainsi, si les 23 listes en lice (partis politiques et indépendants) jettent leurs dernières forces dans la bataille pour séduire un électorat traditionnellement abstentionniste, un autre phénomène s’impose le long des artères de la wilaya : l’affichage anarchique. Malgré les espaces réglementaires aménagés par l’administration, la course aux voix a transformé le paysage urbain en un véritable chaos visuel.
Une fin de campagne sous le signe de la mobilisation
À 96h du scrutin pour décrocher l’un des 11 sièges à l’Assemblée Populaire Nationale (APN), le chef-lieu de la wilaya de Tizi-Ouzou vit au rythme des grands meetings. Pas moins de quatre rassemblements majeurs ont eu lieu en une seule journée, portés par les forces politiques traditionnelles de la région (FFS et RCD) ainsi que par des listes indépendantes comme Tiregwa et Nida El Watan.
Des villages les plus reculés aux centres-villes des daïras, les candidats multiplient le travail de proximité et distribuent leurs dépliants. Si le calme et le civisme prévalent sur le plan sécuritaire, la gestion de la communication visuelle, elle, échappe totalement à tout contrôle.
Murs, arbres, panneaux : Quand la « furie des afficheurs » s’empare de Tizi-Ouzou
C’est le point noir de cette campagne électorale. Les consignes et les mises en garde de l’Autorité Nationale Indépendante des Élections (ANIE) semblent être restées lettre morte. Un vent d’incivisme souffle sur les infrastructures de la ville :
- Les plaques directionnelles et la signalisation routière sont masquées.
- Les façades d’immeubles et les murs publics sont recouverts de portraits de candidats.
- Même les arbres n’échappent pas à ce collage sauvage.
Ce décor, qualifié de « hideux » par les habitants, suscite une vive indignation chez les citoyens et les commerçants locaux.
« Est-ce qu’à chaque campagne électorale, il faudra repeindre la façade de mon local commercial ? Qui paiera les travaux ? », s’insurge un commerçant de Tizi-Ouzou, contraint d’apposer des mentions « Interdit d’afficher » pour protéger son bien.
Quel rôle pour l’ANIE face à cette pollution visuelle ?
Alors que le silence électoral de trois jours s’apprête à geler les activités politiques, la question de l’après-campagne se pose déjà. Dès le 3 juillet, un chantier titanesque de nettoyage attend les services communaux et les citoyens pour redonner son éclat à la région.
Beaucoup pointent du doigt la responsabilité de l’ANIE. Pour les observateurs locaux, l’autorité doit sévir de manière stricte :
- Sanctionner financièrement et juridiquement les têtes de listes coupables d’infractions.
- Appliquer la réglementation sur le financement de campagne pour identifier la provenance des fonds alloués à ces affichages sauvages.
Le problème est d’autant plus persistant que dans certains recoins de la wilaya, des affiches électorales datant de scrutins passés, vieux de plusieurs années, sont encore visibles. Une preuve flagrante que le civisme électoral reste, à Tizi-Ouzou, un défi de longue haleine.
