Des précipitations exceptionnelles se sont abattues sur la wilaya de Ghardaïa ce mercredi soir. Si aucune victime n’est à déplorer, la montée des eaux et l’état des chaussées ont paralysé la ville, ravivant le traumatisme des inondations de 2008.
Ainsi, dans la soirée du mercredi 11 mars 2026, entre 20 heures et 1 heure du matin, un épisode pluviaux-orageux d’une rare intensité a frappé Ghardaïa et ses localités périphériques. Durant cinq heures consécutives, la pluie est tombée sans discontinuer, transformant les artères principales en véritables marécages.
Bien que le bilan humain soit nul, les dégâts matériels et les désagréments urbains sont considérables. La boue et les eaux stagnantes ont rendu la circulation piétonne et automobile extrêmement périlleuse dans tout le centre-ville.
Infrastructures défectueuses : le constat amer
En effet, l’intensité de ces averses a mis en lumière de graves lacunes dans l’aménagement urbain. Plusieurs ronds-points, pourtant récemment inaugurés, ont montré leurs limites face au ruissellement. Le constat des riverains est sans appel :
- Défaut d’évacuation : Absence quasi totale de réseaux d’écoulement des eaux de pluie.
- Erreurs de conception : Un asphalte conçu comme un réceptacle plutôt qu’incliné vers les berges des oueds.
- Topographie ignorée : Des aménagements qui semblent avoir été réalisés sans tenir compte du relief naturel de la ville.
Les quartiers de Sidi Abbaz et Theniet El Makhzène sous les eaux
Dans le quartier de Sidi Abbaz, notamment au sein de la cité des 400 logements, les flaques profondes ont forcé les habitants à des manœuvres complexes pour quitter leurs domiciles.
À Theniet El Makhzène, quartier commerçant très fréquenté pour les préparatifs de l’Aïd El Fitr, la surprise a été totale.
Les familles ont dû se réfugier dans les magasins ou sous les porches alors que les rues se transformaient en « piscines à ciel ouvert ». Sur le boulevard du 1er Novembre, l’inquiétude est palpable : « Si ces pluies persistent, que va-t-il se passer ? », s’interroge un habitant.
Crue des oueds : la wilaya en état d’alerte
Malgré les bulletins météo spéciaux (BMS), la puissance du phénomène a surpris. Plusieurs oueds de la région sont entrés en crue, notamment : Oued Zegrir, Oued Soudane, Oued En’ssa, Oued Ghazalate
Par ailleurs, les communes de Guerrara, Mansourah et Berriane ont également enregistré des records de précipitations, rendant la traversée des cours d’eau par les automobilistes très risquée.
L’ombre des inondations de 2008
Si ces pluies sont une aubaine pour les nappes phréatiques et l’agriculture locale, elles réveillent un traumatisme collectif. Le souvenir des inondations dévastatrices de 2008 reste gravé dans la mémoire des habitants de Ghardaïa.
Pour la population, ces intempéries agissent comme un signal d’alarme : les pouvoirs publics doivent impérativement corriger les imperfections structurelles du réseau routier pour éviter une nouvelle catastrophe.
