Le 7 septembre 2026 marque un tournant décisif dans la stratégie algérienne de mobilisation de ses talents expatriés. Par décret présidentiel publié au Journal officiel, l’Algérie vient d’acter la création du Haut Conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger.
Ainsi, cette nouvelle instance consultative, placée sous l’égide directe du Président de la République, a pour ambition de transformer la « fuite des cerveaux » en un véritable pont d’échanges, de transfert de technologies et d’expertise au service du développement national.
Une instance au cœur de l’économie de la connaissance
En effet, dans un contexte mondial où la recherche et le développement (R&D) dictent la puissance économique des nations, l’Algérie cherche à capitaliser sur l’un de ses atouts les plus précieux : sa diaspora. Les scientifiques, chercheurs et innovateurs algériens établis à l’international sont reconnus pour leur excellence dans les universités, les centres de recherche et les grandes firmes technologiques mondiales.
La mission principale de ce Haut Conseil est claire : faire bénéficier l’Algérie de cette expertise de pointe. L’objectif est d’accélérer la transition du pays vers une économie fondée sur la connaissance, en ciblant des secteurs prioritaires tels que les technologies avancées, l’innovation industrielle et la santé publique.
Les missions stratégiques du Conseil
Par ailleurs, en tant qu’organe consultatif de haut niveau, le Conseil sera une force de proposition incontournable pour les décideurs politiques. Ses prérogatives s’articulent autour de plusieurs axes majeurs :
- Conseil et orientation : Émettre des avis et des recommandations directement à la Présidence sur les grands choix scientifiques et technologiques du pays.
- Veille et prospective : Produire des rapports et des études approfondies sur les projets nationaux prioritaires.
- Transfert de compétences : Structurer de manière pérenne les collaborations entre les chercheurs expatriés et les institutions locales (universités, hôpitaux, centres de R&D).
Une composition pluridisciplinaire et représentative
Pour assurer son efficacité, le décret prévoit une structure resserrée de 39 membres, soigneusement sélectionnés pour couvrir un large spectre d’expertises et garantir une synergie entre le monde de la recherche, les sphères gouvernementales et le secteur privé.
Voici la répartition exacte des sièges au sein du Conseil :
| Catégorie de membres | Nombre | Critères de sélection et rôle |
| Scientifiques établis à l’étranger | 30 | Sélectionnés sur la base de leur rayonnement scientifique international et de leur maîtrise des spécialités stratégiques pour l’Algérie. |
| Représentants de ministères | 6 | Issus de départements clés, notamment la Santé et l’Enseignement supérieur, pour assurer la liaison avec les politiques publiques. |
| Dirigeants d’entreprises (Diaspora) | 3 | Leaders algériens d’entreprises internationales impliquées dans la Recherche & Développement (R&D) et l’innovation technologique. |
Engagement patriotique et mandat bénévole
En outre, un élément distinctif de cette nouvelle institution est son modèle de fonctionnement basé sur le volontariat et le devoir national. Les textes précisent que les 39 membres du Conseil exerceront leurs fonctions à titre non rémunéré.
Leur mandat est fixé à trois ans, renouvelable une seule fois. Cette limitation temporelle garantit un renouvellement régulier des idées et permet à une plus large frange de la diaspora scientifique de contribuer au fil du temps, tout en assurant une continuité dans le suivi des projets à moyen terme.
Enfin, avec la mise en place de ce Haut Conseil, l’Algérie se dote enfin d’un cadre institutionnel formel pour structurer le lien avec ses élites expatriées. Au-delà du symbole, c’est un outil pragmatique conçu pour répondre aux défis contemporains : modernisation du système de santé, excellence de l’enseignement supérieur et intégration des technologies de rupture dans le tissu économique national.
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