Le ministre du Travail et des Affaires sociales, Abdelhak Saïhi, a annoncé l’application prochaine de la revalorisation des pensions de retraite décidée par le président Abdelmadjid Tebboune lors d’un Conseil des ministres.
Selon les précisions apportées par le ministre, cette augmentation, fixée entre 5 % et 10 %, sera versée aux retraités à partir du mois de mai prochain.
Décidée en décembre dernier, cette mesure concerne environ trois millions de retraités affiliés à la Caisse Nationale des Retraites (CNR). Toutefois, l’annonce n’a pas suscité l’enthousiasme espéré auprès des principaux concernés.
Une attente prolongée
En effet, depuis plusieurs mois, les retraités attendaient des précisions sur la date d’entrée en vigueur de cette revalorisation. L’Organisation nationale des retraités algériens, affiliée à la CNR, avait à plusieurs reprises interpellé les autorités sur la mise en application effective de cette décision.
Face à l’érosion continue du pouvoir d’achat, de nombreux retraités espéraient une augmentation plus significative ou, du moins, une mise en œuvre plus rapide de la mesure.
Des réactions critiques sur les réseaux sociaux
À la suite de l’annonce du ministre, de nombreuses réactions ont émergé sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook. Plusieurs retraités estiment que la revalorisation annoncée reste insuffisante au regard de la hausse du coût de la vie.
Certains commentateurs affirment que cette augmentation ne constitue pas une véritable amélioration de leurs revenus. « Nous ne demandons pas une aumône, mais l’application de notre droit », souligne un retraité dans un message largement relayé en ligne.
La question de la revalorisation annuelle
Au cœur des critiques figure également la question de la revalorisation annuelle des pensions, généralement appliquée au mois de mai. Plusieurs retraités estiment que la revalorisation de mai 2025 n’a pas été appliquée et que celle annoncée aujourd’hui ne représenterait, en réalité, qu’un rattrapage partiel. Selon eux, si les augmentations de 2025 et 2026 étaient cumulées, elles correspondraient aux taux actuellement annoncés par les autorités.
Un pouvoir d’achat en recul
Par ailleurs et dans un contexte marqué par la hausse des prix des produits alimentaires et des biens de consommation, certains retraités considèrent que l’augmentation prévue ne permettra pas d’améliorer sensiblement leur situation financière.
Plusieurs témoignages évoquent également un sentiment d’injustice, certains estimant que des travailleurs ayant exercé à l’étranger peuvent parfois percevoir des pensions plus élevées que celles de retraités ayant accompli plus de trois décennies de service en Algérie.
Une mesure qui laisse un goût d’inachevé
Si l’annonce de la revalorisation marque une étape attendue par des millions de retraités, les réactions observées ces derniers jours traduisent un mécontentement persistant face à une hausse jugée insuffisante pour compenser la perte progressive du pouvoir d’achat.
Dans ce contexte, la question du niveau réel des pensions et de leur adaptation au coût de la vie demeure au cœur des préoccupations des retraités algériens.
