À la veille des élections législatives en Algérie, le climat politique se tend.
Ainsi, dans une lettre ouverte percutante adressée au président par intérim de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), Lakhdar Amokrane, président du parti Jil Jadid, tire la sonnette d’alarme sur de «graves dysfonctionnements» qui entacheraient le processus électoral.
Le parrainage sous haute tension
En effet, pour Jil Jadid, l’étape de la certification des formulaires de signatures, cruciale pour la validation des candidatures, serait entachée d’« irrégularités ». Selon Lakhdar Amokrane, de nombreuses administrations locales à travers le pays, ainsi que des représentations consulaires à l’étranger, se livreraient à des manœuvres visant à entraver le bon déroulement de l’opération.
Malgré plusieurs signalements restés sans réponse, le parti déplore une dégradation de la situation. Ces « entraves » administratifs sont perçus par Jil Jadid non pas comme des incidents isolés, mais comme une «stratégie délibérée» d’exclusion. « Les procédures légales se sont malheureusement transformées en un obstacle systématique visant à exclure les voix libres », martèle le président du parti dans sa missive datée du 28 avril 2026.
Transparence et intégrité en jeu
En outre, le constat dressé par la formation politique est sans appel. Les «violations documentées» toucheraient selon cette formation politique, la majorité des communes algériennes, jetant une ombre sur la crédibilité du scrutin à venir.
Dans son document, le parti Jil Jadid relève de nombreux « dysfonctionnements », comme des «difficultés majeures» rencontrées par les militants pour faire légaliser les signatures, un «traitement différencié» entre les acteurs politiques qui favoriserait certains au détriment du pluralisme, et enfin, des pratiques jugées «indignes» qui érodent la confiance des citoyens envers les institutions.
Un appel à l’intervention urgente de l’ANIE
Face à ce qu’il qualifie d’« impasse », le Dr Amokrane appelle l’autorité de régulation à sortir de son mutisme. Pour Jil Jadid, le maintien du silence équivaudrait à une acceptation de la « politique du fait accompli ».
L’enjeu dépasse le simple cadre électoral : il s’agit de préserver la stabilité sociale et de restaurer le lien entre l’administration et les électeurs.
Le parti exhorte ainsi l’ANIE à prendre des mesures « fermes et urgentes » pour garantir un scrutin transparent et équitable.
En portant l’affaire devant l’opinion publique nationale, Jil Jadid place l’ANIE face à ses responsabilités. À l’approche des législatives, la gestion de cette crise sera un test déterminant pour l’indépendance de l’organe électoral et pour la santé démocratique du pays.
