L’Algérie franchit une nouvelle étape dans le développement de ses grandes infrastructures ferroviaires.
Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé, le 13 juillet 2026 à Abidjan, un financement de 878,09 millions de dollars destiné à soutenir la deuxième phase du projet de la ligne ferroviaire Laghouat-Ghardaïa-El Meniaa, un axe stratégique appelé à renforcer la connectivité du pays et son rôle de passerelle entre le nord et le sud du continent africain.
Une nouvelle étape pour un corridor stratégique
En effet, dans un communiqué publié sur son site, la BAD souligne que ce financement permettra de poursuivre la réalisation d’une infrastructure majeure intégrée au futur corridor ferroviaire transsaharien reliant Alger à Tamanrasset, considéré comme l’un des projets structurants de la politique nationale de développement des transports et d’intégration régionale.
L’opération financée par la BAD concerne la deuxième tranche du programme ferroviaire de 495 kilomètres reliant Laghouat, Ghardaïa et El Meniaa. Les travaux porteront principalement sur la construction du tronçon Ghardaïa-El Meniaa, long de 230 kilomètres, ainsi que sur la réalisation d’aménagements complémentaires et d’actions de renforcement institutionnel.
La mise en œuvre du projet sera assurée par le ministère des Travaux publics et des Infrastructures de base, à travers l’Agence nationale d’études et de suivi de la réalisation des investissements ferroviaires (ANESRIF).
Un levier pour la diversification économique
Pour la Banque africaine de développement, cette nouvelle ligne constitue un investissement stratégique susceptible de transformer durablement l’économie algérienne. Le directeur du département des Infrastructures et du Développement urbain du Groupe de la BAD, Mike Salawou, indique que ce financement accompagne l’Algérie dans la réalisation d’une infrastructure structurante qui favorisera la transformation économique, la connectivité territoriale et l’intégration régionale. Selon lui, la ligne permettra de rapprocher les bassins de production des marchés, d’améliorer la compétitivité logistique et de créer de nouvelles opportunités économiques au profit des populations et des entreprises implantées le long du corridor.
Désenclaver les régions du Sud et renforcer les échanges
Au-delà de l’infrastructure ferroviaire, le projet poursuit plusieurs objectifs économiques et territoriaux. Il vise notamment à désenclaver les bassins de production agricole et minière des wilayas concernées, à réduire les coûts ainsi que les délais de transport entre Alger et El Meniaa, tout en stimulant l’activité dans plusieurs secteurs, notamment l’agriculture, l’agro-industrie, les services logistiques, le bâtiment et les travaux publics. Cette nouvelle étape du programme doit également renforcer l’intégration régionale de l’Algérie, en facilitant les échanges avec les pays du Sahel grâce au développement progressif du réseau ferroviaire transsaharien.
La BAD salue la stratégie de développement de l’Algérie
Dans ce sillage, le responsable du bureau de la Banque africaine de développement en Algérie, Abdoulkader Dileita, estime que ce projet illustre la stratégie algérienne de diversification économique hors hydrocarbures. Selon lui, le développement de cette ligne ferroviaire permettra de mieux connecter les populations, les zones minières et les infrastructures portuaires afin de valoriser les ressources nationales et de créer davantage de richesse.
Il considère également que cette infrastructure consolide la position géostratégique de l’Algérie comme carrefour entre l’Afrique, la Méditerranée et l’Europe, tout en renforçant son rôle dans l’intégration économique régionale.
Des retombées économiques et sociales
Le projet ne se limite pas aux seuls travaux ferroviaires. Il prévoit également plusieurs actions destinées à soutenir le développement local, notamment des programmes de formation ciblant les jeunes et les femmes dans les métiers liés au ferroviaire, à la logistique, au tourisme et à l’artisanat. Des initiatives de développement économique local accompagneront également la réalisation de l’infrastructure afin de favoriser la création d’emplois et de nouvelles activités dans les régions traversées.
Cette opération s’inscrit enfin dans le Document de stratégie pays 2025-2030 de la Banque africaine de développement pour l’Algérie, qui fait du développement des infrastructures un levier essentiel pour soutenir la croissance économique, améliorer la compétitivité du pays et renforcer son intégration régionale.
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