Une crise diplomatique se prépare entre la Sierra Léon et la Guinée. La cause : une présumée incursion des soldats guinéens et sierra-léonais de part et d’autres de leurs frontières respectives.
Ainsi et dans un communiqué émis par le ministère de la Communication et l’éducation civique du Sierra-Léon, Freetown accuse ouvertement Conakry d’avoir « sciemment » violé sa souveraineté territoriale.
Freetown accuse
En effet, le document en question souligne que des militaires guinéens ont pénétré sur le territoire sierra-léonais afin d’interpeller plusieurs membres d’une équipe de sécurité conjointe, composée de militaires et de policiers, parmi lesquels figurait un officier, avant de les emmener en Guinée. La même source mentionne également que l’incident s’est produit dans la localité frontalière de Kalleyereh, située dans le district de Falaba, au nord-est de la Sierra Leone, à près de 360 kilomètres de la capitale, Freetown.

En outre, la chancelière sierra-léonaises précise que les forces guinéennes ont fait irruption alors que les éléments sierra-léonais participaient à la construction d’un poste frontalier et d’un centre d’hébergement. Le communiqué fait état d’un affrontement à la suite de cette intrusion. Les militaires guinéens auraient d’après Freetown, arrêté plusieurs membres des forces de défense et de sécurité sierra-léonaises, tout en procédant à la saisie de leurs armes et munitions. Par conséquent, Freetown affirme «privilégier» la voie diplomatique pour résoudre ce différend. « Le gouvernement s’engage activement, à travers les canaux diplomatiques et sécuritaires établis, à confirmer leur localisation et à obtenir leur libération sans condition », souligne le texte. Elles ajoutent que des démarches sont en cours afin de parvenir à un règlement pacifique et à l’amiable. À ce stade, aucune réaction officielle n’a été enregistrée du côté des autorités guinéennes.
Conakry dément et contre-attaque !
Par ailleurs et face à ces accusations, l’État-Major Général des Armées de la Guinée, a informé l’opinion nationale et internationale d’une «incursion de militaires sierra-léonais» a eu lieu sur le territoire guinéen. Selon le document, les faits se sont produits le dimanche 22 février 2026, lorsque « quelques dizaines de militaires sierra-léonais armés » ont pénétré sans autorisation en territoire guinéen, précisément dans le district de Koudaya, relevant de la sous-préfecture de Sandénia, dans la préfecture de Faranah.
L’incursion aurait eu lieu à environ 1,4 kilomètre de la ligne frontalière.
Toujours d’après le communiqué, les militaires étrangers auraient installé une tente sur place et hissé leur drapeau national, marquant ainsi leur présence dans la zone concernée. Alertées, les Forces Armées Guinéennes se sont immédiatement déployées sur les lieux. À leur arrivée, elles ont constaté la présence des éléments sierra-léonais et procédé à l’interpellation de seize (16) d’entre eux. Les autorités militaires indiquent également que des matériels et équipements ont été saisis au cours de l’opération.

Les militaires interpellés ainsi que les objets saisis ont été mis à la disposition de la police judiciaire pour les besoins de l’enquête. Dans sa communication, l’État-Major Général des Armées a félicité les unités engagées pour leur réactivité et leur sens du devoir. Il a, par ailleurs, appelé l’ensemble des Forces de Défense et de Sécurité à renforcer la vigilance et à demeurer mobilisées afin d’assurer la protection et la défense de l’intégrité territoriale du pays.