La rencontre au sommet entre les Premiers ministres algérien et malien à Bamako marque un tournant décisif dans les relations bilatérales.
Loin de se limiter aux questions sécuritaires et politiques, la diplomatie algérienne déploie désormais une véritable offensive économique. De l’exploitation du lithium aux grands projets d’infrastructures, le Mali ouvre grand ses portes aux investisseurs algériens.
Ce lundi 14 septembre 2026, la capitale malienne a été le théâtre d’une séance de travail hautement stratégique. Le Premier ministre algérien, Sifi Gherib, et son homologue malien, Abdoulaye Maïga, ont présidé une réunion élargie aux délégations des deux pays, avec un objectif clair : transformer l’axe Alger-Bamako en un véritable moteur de développement sous-régional.
Pour les opérateurs économiques et les investisseurs algériens, les annonces faites lors de cette rencontre dessinent les contours d’un marché malien regorgeant de potentialités inexploitées.
Mines et Agro-industrie : Un potentiel d’investissement massif
Le gouvernement malien a profité de cette tribune pour dérouler le tapis rouge aux capitaux algériens. L’Agence de promotion des investissements du Mali a dressé un panorama exhaustif des secteurs les plus porteurs du pays.
Le boom des ressources minières : Or et Lithium
Si le Mali est historiquement connu pour être l’un des premiers producteurs d’or en Afrique, c’est l’évocation du lithium qui retient l’attention des analystes économiques. Dans un monde en pleine transition énergétique, ce « pétrole blanc », indispensable à la fabrication des batteries électriques, représente une opportunité en or pour les entreprises algériennes spécialisées dans l’extraction, la transformation minière et la logistique.
L’agriculture et l’agroalimentaire : Assurer la sécurité régionale
Au-delà des mines, le Mali dispose d’immenses terres arables. Bamako invite l’Algérie à investir massivement dans :
- Les cultures de rente et vivrières : Le riz et le coton, secteurs où le Mali possède un savoir-faire reconnu, nécessitent des investissements en mécanisation et en transformation.
- L’élevage et les services financiers : La modernisation de la filière bétail, adossée à des services financiers adaptés, constitue un vivier de croissance considérable.
Parallèlement, l’Agence de promotion des exportations du Mali a mis en exergue des produits immédiatement exportables vers le marché algérien, tels que la mangue, le sésame, la noix de cajou et divers produits agricoles, offrant ainsi des opportunités de partenariats « gagnant-gagnant » pour l’industrie agroalimentaire algérienne.
Infrastructures et Transports : Désenclaver la région sahélienne
Pour que les échanges économiques s’épanouissent, la logistique est le nerf de la guerre. Le ministre malien des Transports et des Infrastructures a mis sur la table deux dossiers vitaux pour l’intégration régionale :
- La Route Transsaharienne (Route de l’Unité Africaine) : Ce corridor routier stratégique, reliant Alger aux capitales subsahariennes, est l’infrastructure clé qui permettra d’acheminer les produits maliens vers les ports méditerranéens algériens, et inversement, les produits manufacturés algériens vers le marché ouest-africain.
- Le rôle d’Air Algérie : Le renforcement des liaisons aériennes via la compagnie nationale algérienne est crucial pour faciliter la mobilité des hommes d’affaires, des investisseurs et du fret entre les deux nations.
Énergie et Savoir-Faire : Répondre aux défis structurels du Mali
L’un des freins majeurs au développement industriel du Mali reste son déficit énergétique, un défi explicitement soulevé par le ministre malien de l’Énergie lors de la rencontre. C’est ici que l’Algérie, géant continental de l’énergie (via ses mastodontes Sonatrach et Sonelgaz), a une carte maîtresse à jouer. L’exportation d’expertise algérienne en matière de réseaux électriques, d’énergies renouvelables (solaire) et d’hydrocarbures pourrait être le socle d’un partenariat industriel majeur.
L’économie de demain se construit aussi dans les universités. Le ministre de l’Enseignement supérieur a tenu à saluer la coopération historique et fructueuse entre les deux pays, notamment grâce aux bourses d’études accordées par l’Algérie aux étudiants maliens. La volonté affichée d’élargir ce partenariat à la recherche scientifique permettra de former les futurs cadres et ingénieurs qui piloteront les projets conjoints algéro-maliens.
Vers une nouvelle ère de coopération : La méthode Sifi Gherib
Face à ces opportunités concrètes, Alger ne compte pas en rester au stade des déclarations d’intention. Le Premier ministre Sifi Gherib, tout en se félicitant de la qualité des échanges, a conclu la séance en proposant la création immédiate de groupes de travail spécialisés.
Ces comités d’experts sectoriels auront pour mission de traduire les orientations de Bamako en projets « bancables » et en accords commerciaux concrets. Pour le secteur privé comme pour les entreprises publiques algériennes, le message est clair : le Mali est aujourd’hui une destination prioritaire pour l’expansion économique de l’Algérie en Afrique.
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