L’Algérie confirme son rôle majeur sur le marché énergétique régional en s’imposant comme le premier fournisseur de gaz de pétrole liquéfié (GPL) de la Turquie au début de l’année 2026.
Ainsi, c’est ce qui ressort du rapport mensuel publié en janvier par l’Autorité de régulation du marché de l’énergie turque (EPDK), qui place Alger devant des acteurs de premier plan tels que les États-Unis et la Russie.
Une position de leader confirmée sur le marché turc
En effet, dans un contexte marqué par un recul global des importations turques de GPL, l’Algérie parvient à consolider sa position de partenaire énergétique clé pour Ankara.
Les données de l’EPDK indiquent que les opérateurs turcs agréés ont privilégié les approvisionnements en provenance d’Algérie, devant ceux issus des États-Unis, de la Russie, de la Norvège et du Kazakhstan, qui concentrent l’essentiel des flux importés.
Le GPL fait bouger les lignes
Cette performance intervient alors que les importations totales de GPL de la Turquie ont diminué de 6,5 % en rythme annuel, pour s’établir à 246.025 tonnes en janvier. Une contraction qui reflète davantage une évolution des dynamiques du marché intérieur qu’un désengagement vis-à-vis des fournisseurs traditionnels. Dans ce contexte, l’Algérie maintient son leadership, preuve de la solidité de ses positions commerciales.
Parallèlement, la production nationale turque a progressé de 9,4 %, atteignant 84.649 tonnes. Une hausse notable, mais insuffisante pour compenser entièrement la baisse des importations, dans un marché où la demande reste soutenue. Les ventes totales de GPL ont ainsi culminé à 292.849 tonnes sur le mois, illustrant la vitalité de la consommation domestique.
Une consommation dominée par le GPL-carburant
Dans le détail, le GPL destiné au secteur automobile domine largement la structure de consommation, avec 81,6 % des volumes écoulés. Le GPL conditionné en bouteilles représente 14,8 %, tandis que le GPL en vrac demeure marginal avec 3,6 % des parts de marché.
Sur le volet des exportations, la Turquie a enregistré un recul de 17,6 %, avec 53.406 tonnes expédiées vers neuf destinations, notamment les Émirats arabes unis, la Bulgarie, l’Ukraine, la Grèce, la Syrie, l’Estonie, la Roumanie, les Îles Marshall et la zone franche turque.
Un levier stratégique pour l’Algérie
Au-delà des chiffres, cette première place revêt une portée stratégique pour l’Algérie. Elle traduit la montée en puissance de Sonatrach sur les marchés méditerranéens et européens du GPL, dans le cadre d’une politique visant à renforcer et diversifier les exportations d’hydrocarbures.
S’imposer sur un marché aussi dynamique que celui de la Turquie — l’un des plus importants consommateurs de GPL en Europe et au Moyen-Orient — constitue un levier commercial et diplomatique de poids.
Cette dynamique s’inscrit dans la continuité des efforts déployés par l’Algérie pour consolider sa présence sur la scène énergétique internationale, dans un contexte où la demande pour des énergies de transition, à l’image du GPL, continue de progresser.
