La rumeur d’une éventuelle suppression de la philosophie dans les lycées algériens a enflammé les réseaux sociaux et la communauté éducative.
Face à la montée des tensions, le ministre de l’Éducation nationale, Mohamed Seghir Saâdaoui, est sorti de son silence pour clarifier la situation et recadrer fermement les détracteurs des récents réaménagements pédagogiques.
Une simple ombre sur le programme scolaire aura suffi à déclencher un véritable séisme intellectuel. Depuis plusieurs jours, une vive polémique agite le secteur de l’éducation en Algérie : la matière de philosophie serait, selon de nombreuses voix, menacée d’éviction du cycle secondaire. Face à la gronde grandissante des enseignants, des universitaires et des figures du paysage culturel, le ministre de l’Éducation nationale, Mohamed Seghir Saâdaoui, a dû intervenir pour éteindre l’incendie.
Une lettre ouverte qui a mis le feu aux poudres
À l’origine de cet embrasement médiatique et académique se trouve une prise de parole très remarquée. L’écrivain et chercheur Karim Djeddi a publié sur son compte Facebook une lettre ouverte au vitriole intitulée : « L’exclusion de la philosophie est une annonce de la mort de la raison ».
Cette missive alarmiste a immédiatement trouvé un écho favorable auprès de la communauté scientifique et éducative, récoltant le soutien massif de nombreux universitaires inquiets pour la place de la pensée critique dans le système éducatif algérien.
Mohamed Seghir Saâdaoui répond et recadre la corporation
Face à cette levée de boucliers, Mohamed Seghir Saâdaoui a pris la parole par voie de réponse officielle directe adressée à l’écrivain. Tout en saluant le civisme et la réactivité des acteurs éducatifs qui se soucient de l’avenir de l’école algérienne, le ministre n’a pas mâché ses mots sur la forme du débat.
Le membre du gouvernement s’est dit vivement surpris de constater que des enseignants et des intellectuels se soient emparés d’une telle controverse sans vérification préalable. Il a déploré le fait que des professionnels de l’éducation se soient fiés à « des rumeurs et à des informations particulièrement superficielles » circulant sur le Web au lieu de consulter directement les documents et circulaires officiels publiés par le ministère.
« C’est avec un grand sens des responsabilités que j’ai pris connaissance de votre interrogation concernant la suppression de la philosophie dans le secondaire », a souligné le ministre dans son message, réaffirmant le souci d’ouverture et de dialogue de son administration.
La philosophie reste un « pilier du secondaire» en Algérie
Sur le fond du dossier, le ministère de l’Éducation nationale a tenu à rassurer l’opinion publique. La tutelle a réaffirmé qu’elle mesurait pleinement l’importance stratégique de la philosophie dans la cartographie des filières du secondaire, tant pour le développement intellectuel des élèves que pour l’avenir des jeunes générations.
Les réaménagements pédagogiques en cours s’inscrivent, selon le ministère, dans un plan global visant à moderniser le système éducatif au service de l’intérêt national, sans pour autant sacrifier les matières fondamentales qui façonnent l’esprit critique.
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