La sécurité et le développement de la région du Sahel étaient au cœur du communiqué conjoint du président Tebboune et de son homologue nigérien, le Général Abdourahamane Tiani.
Ainsi, les deux chefs d’État ont parlé d’une seule et même voix concernant la « nécessité » de développer la Sahel afin de la prémunir contre toutes les tentatives visant à la déstabiliser, aussi bien sur le plan économique que sécuritaire. Dans ce sens, Alger et Niamey ont convenu de mettre en place « tous les mécanismes nécessaires » pour que le Sahel ne soit plus l’objet de convoitises de la part de certaines puissances néocoloniales.
La sécurisation du Sahel en ligne de mire
En effet, dans leur document conjoint, il est indiqué que, face à la « persistance des menaces terroristes et de la criminalité organisée transfrontalière », les deux chefs d’État ont exprimé leur « profonde préoccupation » quant à cette situation, tout en soutenant que la sécurité de l’un, ne peut être dissociée de celle de l’autre.
À cet effet, le président Tebboune et son homologue nigérien ont décidé de « réactiver immédiatement » les mécanismes algéro-nigériens concernés afin d’intensifier la coordination dans la surveillance des frontières et d’harmoniser les stratégies de lutte contre le terrorisme et les fléaux qui y sont liés.
En outre, Alger et Niamey ont appelé à trouver une « solution politique africaine » aux crises régionales et ont demandé la restructuration du système de sécurité régional, tout en réaffirmant leur soutien aux initiatives visant à renforcer la stabilité et la prospérité dans la région du Sahel. Dans le même sillage, les deux dirigeants ont réitéré leur « profond attachement » au respect de la souveraineté de chaque État et de son intégrité territoriale, à la non-ingérence dans les affaires intérieures ainsi qu’à la solidarité effective face aux menaces communes. Ils ont également exprimé leur conviction que l’avenir du Sahel sera construit par les pays de la région eux-mêmes, à travers des solutions locales et globales. Ils ont, enfin, réitéré leur rejet de toute ingérence étrangère dans les affaires du continent.
Des partenariats multisectoriels en pleine expansion
Par ailleurs, dans le prolongement de cette dynamique, les deux chefs d’État ont appelé à l’accélération de la finalisation et de l’adoption des accords en cours d’examen, couvrant des secteurs stratégiques tels que la recherche géologique et minière, l’entrepreneuriat et les microentreprises, les start-up, les postes et télécommunications, la numérisation, la culture, la jeunesse et les sports, ainsi que la formation sous toutes ses formes.
Des projets structurants pour une intégration économique accrue
Conscients du potentiel considérable de leurs échanges économiques, les deux dirigeants ont convenu d’accélérer la mise en œuvre de projets structurants majeurs reliant les deux pays.
Il s’agit notamment de la route transsaharienne, du gazoduc transsaharien, du projet d’interconnexion par fibre optique transfrontalière et du renforcement de la coopération énergétique dans les domaines des hydrocarbures et des énergies renouvelables, avec une attention particulière accordée à l’électrification des zones rurales frontalières.
De plus, les deux pays se sont engagés à faciliter les échanges commerciaux par la simplification des procédures douanières et administratives, la création de marchés frontaliers organisés et le lancement d’une étude conjointe sur la mise en place d’une zone de coopération frontalière intégrée destinée à stimuler le développement local. Une importance particulière sera également accordée à la réalisation d’un corridor commercial stratégique.
Vers une nouvelle ère de coopération
En conclusion, les deux chefs d’État se sont félicités du succès de cette visite qualifiée d’historique, ouvrant la voie à une nouvelle phase de coopération ambitieuse et tournée vers l’avenir. Le président nigérien a exprimé sa profonde gratitude au président Abdelmadjid Tebboune ainsi qu’au peuple algérien pour l’accueil chaleureux qui lui a été réservé. Il a, à cette occasion, invité son homologue algérien à effectuer une visite d’État au , invitation acceptée avec plaisir. La date sera fixée par voie diplomatique.
