Lors de ses récentes interventions, le président Abdelmadjid Tebboune a vivement critiqué la politique de quotas de l’Union européenne (UE) sur l’acier algérien.
Une restriction jugée injuste, qui freine l’élan industriel du pays au mépris des règles du libre-échange.
Le mécanisme des quotas européens : un frein pour la sidérurgie algérienne
L’acier algérien, symbole de la diversification économique du pays, fait face à d’importantes barrières douanières sur le marché européen. Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a levé le voile sur l’impact concret de ces restrictions de l’UE : le quota trimestriel accordé à l’Algérie équivaut à seulement douze jours de production du complexe sidérurgique Tosyali.
« Une fois ce quota atteint, nous devons attendre le prochain quota. C’est fondamentalement injuste et en parfaite contradiction avec la notion du libre-échange », a déploré le chef de l’État.
Cette régulation stricte impose un coup d’arrêt brutal aux exportateurs algériens, contraints de suspendre leurs flux commerciaux vers l’Europe une fois les plafonds atteints, pénalisant ainsi la rentabilité et le développement de l’industrie lourde nationale.
Un déséquilibre commercial pointé du doigt par le président Tebboune
Pour Alger, cette politique protectionniste de l’UE souffre d’un manque flagrant de réciprocité. Le président Tebboune a rappelé le poids historique et actuel des Européens dans les échanges commerciaux du pays : 85 % des importations algériennes proviennent de l’Union européenne, et ce, sans qu’aucune restriction de volume ne leur soit imposée en retour.
En visite au stand de Tosyali Algérie lors de la Foire internationale d’Alger, le chef de l’État a fermement réitéré la position de l’Algérie :
- Refus des restrictions : « Ce n’est pas normal qu’il y ait des quotas. Parce que de notre côté, il n’y a pas de quotas pour ce qu’on achète de l’Union européenne. »
- Appel aux négociations : L’Algérie réclame une réouverture totale des frontières économiques européennes à ses produits sidérurgiques.
Les arguments d’Alger : qualité, compétitivité et transition écologique
L’Algérie estime disposer de tous les atouts nécessaires pour s’imposer comme un partenaire stratégique et durable pour l’Europe. Le président a mis en avant deux arguments majeurs en faveur de la sidérurgie nationale :
- L’excellence des produits : Un acier répondant aux normes internationales les plus strictes.
- L’atout écologique : Une production moderne permettant de dégager moins de carbone, un critère pourtant essentiel pour l’UE dans le cadre de sa transition énergétique (notamment avec la mise en place de la taxe carbone aux frontières).
Tensions diplomatiques : « Un consensus européen à une seule voix près »
Les tentatives de renégociation de l’accord d’association concernant l’acier butent actuellement sur des blocages politiques au sein de l’UE. Selon les déclarations de Abdelmadjid Tebboune, un consensus se dessine auprès de la majorité des États membres, à l’exception d’un « seul pays » qui fait obstruction.
Bien que ce pays n’ait pas été officiellement nommé, le président algérien a laissé pointer des tensions diplomatiques claires en déclarant : « Ce pays ne retient pas les leçons ! Il a encore le réflexe du colonisateur… Je ne peux en dire d’avantage ».
Face à ce blocage qui pénalise l’économie nationale, l’Algérie compte bien maintenir la pression diplomatique et commerciale pour faire sauter ce verrou des quotas et imposer son acier vert sur le marché européen.
