Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2025, le volume des échanges commerciaux entre l’Algérie et la Chine a franchi le cap des 15 milliards de dollars, tandis que les investissements chinois cumulés en Algérie atteignent désormais 7 milliards de dollars.
Des données révélées ce samedi 9 mai à Alger par l’ambassadeur chinois Dong Guangli, en marge de la 12e édition du Forum africain de l’investissement et du commerce (AFIC 12).
Un partenariat stratégique qui se chiffre en milliards
En effet, l’Algérie n’est pas un « partenaire ordinaire » pour Pékin, selon le diplomate chinois. Pour M.Dong Guangli, l’Algérie « occupe une place importante en Afrique et dans le monde arabe » et constitue « un partenaire stratégique majeur de la Chine sur le continent africain ».
Derrière cette relation diplomatique de façade, une réalité économique concrète : le volume des échanges commerciaux entre les deux pays a dépassé les 15 milliards de dollars en 2025, tandis que les investissements chinois cumulés en Algérie ont atteint environ 7 milliards de dollars. Des chiffres qui illustrent une coopération qui dépasse largement le stade des déclarations d’intention.
Des investissements concrets en Algérie
En outre, la présence chinoise en Algérie ne se limite pas aux flux financiers. Du lancement de satellites à la réalisation de mégaprojets comme la ligne ferroviaire minière de l’Ouest, en passant par l’établissement de l’Institut Confucius, la coopération dans les domaines du commerce, des infrastructures, de l’énergie, de l’agriculture, de la santé et de la culture a produit des résultats « visibles et remarquables », selon Dong Guangli. Ces réalisations s’inscrivent dans le cadre de l’Initiative la Ceinture et la Route, dont l’Algérie est l’un des maillons africains les plus actifs.
Zéro droit de douane : une opportunité pour les exportations algériennes
Le tournant le plus significatif annoncé lors de ce forum est l’entrée en vigueur, depuis le 1er mai 2026, d’une politique de zéro droit de douane appliquée par la Chine au profit de 53 pays africains, dont l’Algérie.
Cette mesure offrira à l’Algérie « de nouvelles opportunités pour accroître ses exportations vers la Chine, augmenter la valeur ajoutée de ses produits et attirer des investissements productifs », selon l’ambassadeur chinois.
Concrètement, quels produits algériens sont concernés ? L’Algérie dispose d’atouts importants, notamment des produits agricoles de qualité tels que les dattes, l’huile d’olive, les agrumes et le vin, ainsi que d’abondantes ressources énergétiques et minières. Des filières qui pourraient bénéficier d’un accès facilité au marché d’1,4 milliard de consommateurs chinois.
La Chine et l’Afrique : 348 milliards de dollars d’échanges en 2025
Le cadre algéro-chinois s’inscrit dans une dynamique continentale plus large. En 2025, le volume des échanges commerciaux entre la Chine et les pays africains ayant des relations diplomatiques avec elle a atteint le chiffre record de 348 milliards de dollars.
La politique de zéro droit de douane se décline en trois caractéristiques distinctives selon Pékin : une dimension unilatérale permettant aux pays africains d’en bénéficier immédiatement, une dimension novatrice facilitant l’accès des produits africains au marché chinois, et une dimension transitoire, parallèlement aux négociations de l’Accord de partenariat économique pour le développement partagé (CADEPA).
Ce que l’Algérie peut gagner concrètement ?
Au-delà des chiffres globaux, l’enjeu pour l’Algérie est celui de la diversification économique. L’ambassadeur a souligné que l’Algérie est engagée dans « une dynamique ambitieuse de transformation et de diversification économique, en vue de bâtir l’Algérie nouvelle et victorieuse ».
À mesure que les mécanismes d’accès se perfectionnent, de plus en plus de produits algériens pourront entrer facilement sur le marché chinois, contribuant ainsi à la diversification économique, à l’industrialisation et à la modernisation agricole du pays.
Pour y parvenir, la Chine se dit disposée à renforcer la coopération dans les domaines de l’inspection et de la quarantaine, de la certification des normes, de la logistique douanière et du renforcement des partenariats stratégiques.
