Sonelgaz pose les premières pierres d’un partenariat énergétique stratégique avec le Tchad.
Ainsi, une délégation du groupe public Sonelgaz est arrivée vendredi dans la capitale tchadienne pour préparer le lancement d’un chantier majeur : la construction d’une centrale électrique d’une capacité de 40 mégawatts, fruit direct de la diplomatie énergétique sud-sud impulsée par Alger.
Un projet né de la visite présidentielle d’avril
En effet, ce projet concrétise les directives du président Abdelmadjid Tebboune visant à renforcer la coopération africaine et les partenariats stratégiques sud-sud. Il s’inscrit dans la dynamique enclenchée par la visite officielle du président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno en Algérie, du 22 au 24 avril dernier — un déplacement qui avait scellé la volonté commune des deux pays d’élever leur coopération énergétique au rang de priorité bilatérale.
La délégation algérienne, conduite par Djellouli Yazid, Président-Directeur général de Sonelgaz-International, a été accueillie par le Directeur général de Tchad Élec, l’ambassadeur d’Algérie au Tchad ainsi que des responsables du ministère tchadien de l’Énergie.
Réception au plus haut niveau de l’État tchadien
L’importance accordée par N’Djamena à ce partenariat énergétique s’est traduite par une réception de la délégation algérienne au plus haut niveau gouvernemental. Les émissaires de Sonelgaz ont été reçus successivement par Taher Hamid Angeline, ministre d’État, ministre des Finances, du Budget, de l’Économie, de la Planification et de la Coopération internationale, ainsi que par Basali Kanabi Marcelin, ministre de l’Eau et de l’Énergie.
Ce double accueil ministériel souligne la dimension à la fois stratégique et financière qu’accorde le Tchad à ce projet, bien au-delà d’un simple investissement technique.
Feuille de route commune et inspections techniques
Une session de travail technique a réuni les équipes algériennes et les responsables de Tchad Élec pour examiner les aspects organisationnels du projet. Les discussions ont porté sur :
• L’élaboration d’une feuille de route commune entre les deux opérateurs nationaux ;
• La création de groupes de travail bilatéraux pour assurer une coordination efficace ;
• Le lancement des inspections techniques du site destiné à accueillir la centrale ;
• La définition des priorités de la phase préparatoire.
La délégation entamera dans la foulée une série d’études de terrain pour évaluer la préparation du site, analyser l’infrastructure disponible et vérifier les conditions de raccordement au réseau électrique tchadien, conformément aux normes techniques et réglementaires en vigueur.
La mission algérienne ne se limite pas à la centrale. Elle prévoit également un diagnostic complet des besoins en équipements électriques et gaziers nécessaires à la réalisation du projet. Objectif : garantir la préparation opérationnelle du chantier et soutenir durablement les capacités tchadiennes en matière de production d’électricité.
Une diplomatie énergétique africaine assumée
Avec ce projet, l’Algérie confirme son ambition d’exporter son savoir-faire énergétique vers le continent africain. Sonelgaz, qui dispose d’une expérience reconnue dans la production, le transport et la distribution d’électricité, devient ainsi un acteur central de la stratégie d’influence économique d’Alger en Afrique sub-saharienne.
Pour le Tchad, dont le déficit énergétique freine le développement économique et social, ces 40 MW constituent un apport significatif. Au-delà des kilowatts, c’est un nouveau modèle de coopération sud-sud qui s’esquisse — fondé sur le transfert de compétences plutôt que sur la dépendance.
