À quelques semaines de la tenue du Forum algéro-italien, prévu à Alger, le partenariat stratégique entre l’Algérie et l’Italie atteint un nouveau palier.
Ainsi, entre diplomatie renforcée, investissements croisés et échanges commerciaux en plein essor : les deux pays méditerranéens confirment la solidité de leur relation bilatérale.
13 milliards d’euros d’échanges au premier trimestre 2026
Selon les données publiées par l’agence Agenzia Nova, le volume total des échanges commerciaux entre l’Algérie et l’Italie a dépassé les 13 milliards d’euros au cours du premier trimestre 2026, consolidant une dynamique économique sans précédent entre les deux rives de la Méditerranée.
Dans le détail, les exportations italiennes vers l’Algérie se sont établies à 3,2 milliards d’euros, en hausse de +13,5 % par rapport à la même période en 2024. De son côté, l’Italie a importé pour 9,78 milliards d’euros de produits algériens, un chiffre en léger recul de 12 %, principalement en raison de la baisse des cours des hydrocarbures.
L’Algérie, premier partenaire commercial de l’Italie dans la région MENA
L’Algérie s’impose aujourd’hui comme le premier partenaire commercial de l’Italie dans la zone MENA, portée par les livraisons de gaz naturel via le gazoduc Transmed et par les flux énergétiques liés à la raffinerie sicilienne d’Augusta, propriété de Sonatrach. Une position de choix qui reflète l’interdépendance croissante des deux économies.
Exportations italiennes : l’énergie et l’industrie en tête
Les produits de raffinage du pétrole dominent les exportations italiennes vers l’Algérie avec 435 millions d’euros, soit une progression spectaculaire de +64,2 %. Ils sont suivis par les machines d’usage général pour 428 millions d’euros (+50,9 %), et par d’autres équipements industriels similaires évalués à 347 millions d’euros (+51,0 %), principalement destinés aux secteurs de l’énergie et de la manufacture.
Les machines spéciales atteignent 275 millions d’euros (-1,8 %), tandis que les produits chimiques de base et engrais s’établissent à 118 millions d’euros (-2,7 %).
Importations : recul du pétrole, explosion de l’acier algérien
Sur le volet des importations italiennes en provenance d’Algérie, le gaz naturel demeure le premier poste, loin devant les autres produits. Les produits pétroliers raffinés représentent 835 millions d’euros (-22,0 %) et le pétrole brut s’établit à 472 millions d’euros (-21,1 %).
À contre-courant de ces replis, les produits sidérurgiques algériens connaissent une véritable explosion sur le marché italien, avec 175 millions d’euros échangés et une croissance record de +255,5 %, signal fort d’une diversification des exportations algériennes hors hydrocarbures.
Un partenariat stratégique qui dépasse les chiffres
Au-delà des statistiques commerciales, le partenariat italo-algérien s’inscrit dans une vision à long terme. Il constitue un pilier stratégique de la coopération euro-méditerranéenne, renforcé depuis la réorganisation des approvisionnements énergétiques européens à la suite de la crise ukrainienne.
La coopération s’étend à la sécurité alimentaire, avec l’implication de BF International dans le développement des filières agro-industrielles algériennes, ainsi qu’au secteur automobile, notamment avec l’intégration de l’usine Fiat d’Oran dans le tissu industriel local.
Diversification économique : l’Algérie, marché d’avenir pour les investisseurs italiens
L’Algérie se positionne résolument comme un marché en pleine mutation, déterminé à réduire sa dépendance aux hydrocarbures et à attirer expertises et capitaux étrangers dans des secteurs à fort potentiel : énergies renouvelables, infrastructures, numérique et industrie de pointe. Les entreprises italiennes y renforcent leur présence dans un environnement réglementaire de plus en plus favorable aux partenariats internationaux.
Cette dynamique s’inscrit dans le cadre du Plan Mattei, initiative italienne qui promeut la coopération euro-africaine autour de l’énergie, de l’innovation, de la sécurité et du développement durable. Les accords conclus lors de la visite officielle du Président Abdelmadjid Tebboune en Italie ont renforcé ces synergies, notamment dans les domaines des énergies renouvelables, de la production industrielle et de la sécurité énergétique.
