Une délégation d’entreprises tunisiennes se rend en Algérie du 22 au 24 septembre 2026 avec une ambition qui dépasse le simple développement des exportations.
Organisée par CONECT International, en coordination avec la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC), cette mission économique entend rapprocher les entreprises des deux pays autour de projets d’investissement, de sous-traitance et de partenariats industriels.
Un accord qui passe à la phase opérationnelle
En effet, selon la plateforme tunisienne Managers, le programme prévoit des rencontres B2B, des sessions de networking ainsi que des visites d’entreprises algériennes.
Neuf filières sont ciblées : numérique, santé et industrie pharmaceutique, agriculture et agroalimentaire, énergies renouvelables, industrie manufacturière, matériaux de construction, transport et logistique, commerce international et services aux entreprises.
Cette mission s’inscrit dans le prolongement du protocole de coopération conclu en mai dernier entre CONECT et la CAPC. L’accord avait notamment pour objectif de renforcer les échanges commerciaux, d’encourager les investissements croisés et d’accompagner les entreprises dans la création de partenariats durables.
Les rencontres de septembre constituent ainsi une première traduction concrète de cette feuille de route. L’accent mis sur les échanges directs entre opérateurs doit permettre d’identifier les besoins du marché algérien, mais également d’explorer des possibilités de production commune, de sous-traitance et de transfert de savoir-faire.
Pour les entreprises tunisiennes, l’enjeu est notamment de mieux s’insérer dans les chaînes de valeur industrielles algériennes. Pour leurs homologues algériennes, ces contacts peuvent ouvrir l’accès à de nouveaux fournisseurs et à des compétences spécialisées, tout en favorisant davantage d’intégration locale.
Des échanges bilatéraux en progression
Cette dynamique intervient alors que les échanges commerciaux entre les deux pays poursuivent leur progression. Ils sont passés de 6,3 milliards de dinars tunisiens en 2023 à 7,7 milliards en 2024, avant d’atteindre 8,3 milliards en 2025, soit une hausse de 31,7% en deux ans.
Les exportations tunisiennes vers l’Algérie ont progressé de 7,5% en 2025, à près de 1,8 milliard de dinars, tandis que les importations tunisiennes en provenance d’Algérie ont atteint environ 6,5 milliards de dinars, en hausse de 7,1%.
Cette progression reste toutefois fortement liée aux hydrocarbures. Les produits énergétiques représentent près de 90% des importations tunisiennes en provenance d’Algérie. En 2025, l’Algérie a notamment assuré environ 92% des approvisionnements tunisiens en gaz.
Cette structure des échanges laisse donc une marge importante pour développer les flux hors hydrocarbures.
Vers davantage de production commune
C’est précisément sur cette diversification que la mission entend miser. Les secteurs ciblés offrent plusieurs possibilités de coopération, notamment dans l’industrie pharmaceutique, l’agroalimentaire, les équipements électriques, le numérique ou encore les énergies renouvelables.
Dans l’industrie, les partenariats pourraient prendre la forme d’opérations de sous-traitance, d’assemblage ou de fabrication locale. Dans l’agroalimentaire, les opportunités concernent notamment la transformation, le conditionnement, la chaîne du froid et les équipements.
Le numérique et les services aux entreprises constituent également des segments susceptibles de favoriser des collaborations à plus forte valeur ajoutée.
Cette orientation intervient par ailleurs dans un contexte de forte dynamique d’investissement en Algérie. Au premier trimestre 2026, l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) avait enregistré 2.131 projets pour une valeur déclarée de 629 milliards de dinars, avec plus de 59.000 emplois annoncés.
Pour les entreprises tunisiennes, ce marché représente ainsi des possibilités non seulement commerciales, mais également industrielles. L’objectif affiché de la mission est désormais de transformer les contacts entre opérateurs en contrats, en projets communs et, à terme, en implantations productives.
Pour l’Algérie, l’intérêt réside surtout dans la capacité à orienter ces partenariats vers la production locale, l’intégration industrielle et le transfert de compétences, plutôt que vers une simple augmentation des importations de produits finis.
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