L’Autorité nationale indépendante de régulation de l’audiovisuel (ANIRA) signale la diffusion de données trompeuses liées à l’audience de programmes télévisés en Algérie.
Ainsi, cet organisme que l’on pourrait qualifier de « gendarme » de l’audiovisuel, observe une hausse de pratiques destinées à gonfler les indicateurs de suivi sur les plateformes numériques.
Achat de followers et «fermes à clics»
En effet et selon l’Anira, certaines plateformes et productions audiovisuelles recourent à l’achat de followers ou à des réseaux de « click farms », littéralement des fermes à clics. Ces procédés, selon le même organisme, augmentent artificiellement les vues, les commentaires et les interactions sur internet.
Ces manipulations donnent une image fausse de l’audience réelle des programmes. Elles influencent les décisions des annonceurs et entraînent des dépenses publicitaires mal orientées. L’autorité estime que ces pratiques fragilisent la confiance dans l’environnement médiatique.
Une pratique assimilée à de la publicité trompeuse
En outre, l’Autorité nationale indépendante de régulation de l’audiovisuel rappelle que la diffusion de «données inexactes» sur l’audience peut relever de la «publicité trompeuse». «L’article 51 du cahier des charges encadrant l’activité audiovisuelle interdit ce type de pratique», est-il précisé.
La publication d’indicateurs d’interaction artificiels porte atteinte aux règles de concurrence loyale entre les acteurs du secteur audiovisuel.
Classements des chaînes sans outils certifiés
L’autorité met aussi en garde contre la publication de listes présentant certaines chaînes ou productions comme les plus regardées.
Ces classements, souligne le gendarme de l’audiovisuel, circulent sans recourir à des outils de mesure reconnus. Selon l’Autorité nationale indépendante de régulation de l’audiovisuel, ces chiffres manquent de fiabilité. «Des chaînes s’appuient sur ces données pour justifier des tarifs publicitaires élevés ou exercer une pression commerciale sur les annonceurs», est-il en outre assuré.
Absence d’un organisme national de mesure d’audience
Par ailleurs, l’ANIRA rappelle que l’Algérie ne dispose pas encore d’un organisme national spécialisé chargé de mesurer l’audience audiovisuelle selon des normes scientifiques uniformes.
Dans ce contexte, les données diffusées dans l’espace public ne représentent pas des références fiables.
L’autorité rappelle aussi les dispositions de l’article 41 du décret exécutif n° 24-250. Ce texte limite la communication des audiences aux données produites par des organismes spécialisés et accrédités «Toute diffusion de statistiques sans méthodologie reconnue constitue une forme de désinformation envers le public et les acteurs économiques».
l’ANIRA serre la vis !
Enfin, cette autorité appelle les chaînes de télévision, les agences publicitaires et les plateformes audiovisuelles à «respecter les règles de transparence» dans leurs activités.
L’organisme indique aussi que des mesures réglementaires seront prises contre toute infraction, sur les écrans de télévision comme sur les plateformes numériques exploitées par les services audiovisuels.
