Annoncé depuis plus de cinq ans, puis freiné à cause de procédures administratives, un complexe industriel titanesque dédié à la transformation de la betterave à sucre est désormais sur de bons rails.
Ainsi, le groupe agroalimentaire Cevital, est en passe de concrétiser un projet stratégique et cher à son fondateur, Issad Rebrab. Implanté à Mansourah, dans la wilaya de Ghardaïa, ce projet dont l’idée remonte à 2021 est enfin lancé.
Le projet de la maturité
En effet, après des réticences et moultes tergiversations, l’Algérie s’est résolue à relancer la culture de la betterave sucrière. Dans ce sens, le gouvernement multiplie les initiatives et encourage les investissements publics et privés dans ce secteur, lequel offre d’innombrables opportunités, mais par manque d’expérience et d’expertise, a échoué, notamment la tristement célèbre usine d’El Menéa, laquelle visait une production annuelle de 900.000 tonnes de sucre.
1 200 hectares pour un projet stratégique
Ainsi, c’est aux confins des wilayas de Ghardaïa, El Menéa et Ouargla que le leader de l’agroalimentaire en Algérie, le groupe Cevital, a choisi d’implanter son nouveau pôle de production. Sur une concession dépassant les 1 200 hectares, ce projet de plus de 600 millions de dollars, vise à transformer la betterave sucrière locale en sucre de table, renforçant ainsi la sécurité alimentaire du pays.
Lors d’une visite sur site organisée par le wali de Ghardaïa, Abdellah Abi Nouar, l’ampleur du chantier s’est révélée aux observateurs. Malik Rebrab, propriétaire du projet, a évoqué une enveloppe financière colossale avoisinant les 600 millions de dollars, sans toutefois préciser les délais de réalisation.
Des défis logistiques et climatiques
L’accès au site témoigne de la détermination du groupe à conquérir les terres arides : après 115 km de route depuis Ghardaïa, il faut parcourir 45 km de piste au cœur du désert pour atteindre la plateforme de forage. La récente visite officielle a été écourtée par une violente tempête de sable, empêchant la délégation et la presse de finaliser l’inspection technique, mais confirmant la rudesse de l’environnement que Cevital s’apprête à transformer.
Agriculture saharienne : la betterave à sucre comme moteur de croissance
Le projet repose sur un modèle d’intégration verticale. Les premières expérimentations agricoles sont prometteuses :
• Surface cultivée : Plus de 1 000 hectares dédiés à la culture de la betterave sucrière.
• Ressources hydriques : Une sonde de forage de recherche d’eau est déjà active, atteignant une profondeur de 385 mètres lors du dernier relevé.
• Résultats préliminaires : Selon les responsables de Cevital, les rendements actuels sont « très encourageants ».
L’usine de transformation sera implantée à proximité immédiate des zones de culture afin d’optimiser la chaîne logistique et de garantir la fraîcheur de la matière première.
5 000 postes d’emplois à la clé
Au-delà de l’aspect industriel, ce projet représente une bouffée d’oxygène pour le marché de l’emploi local. Une fois le pic de production atteint, les prévisions font état de 5 000 emplois au total créés par l’activité, dont une majorité d’emplois directs (environ deux tiers). De plus, ce projet va contribuer à une absorption massive de la main-d’œuvre qualifiée et non qualifiée de la région de Mansourah et des communes limitrophes.
Si la tempête de sable a momentanément freiné la communication officielle du dossier de presse, l’enjeu est clair : Cevital transforme le désert en un pôle agro-industriel de rang mondial. Ce complexe de Mansourah pourrait, à terme, réduire considérablement la facture d’importation de sucre en Algérie.
