Le ministère russe des Affaires étrangères a vivement condamné, ce 28 février au matin, les frappes aériennes menées par les États-Unis et Israël sur le territoire iranien.
Ainsi, Moscou y voit un acte d’agression prémédité contre un État souverain, en violation du droit international, et appelle à un retour immédiat à la voie diplomatique afin d’éviter une escalade régionale aux conséquences potentiellement dramatiques.
Une opération qualifiée d’« agression armée »
En effet, la diplomatie russe a dénoncé le déclenchement de frappes aériennes américaines et israéliennes contre l’Iran comme un acte d’agression « non provoqué » à l’encontre d’un État membre des Nations unies.
Selon Moscou, l’ampleur des préparatifs militaires et politiques ayant précédé l’opération — notamment le déploiement conséquent de forces américaines dans la région — ne laisse, selon elle, aucun doute sur le caractère planifié de l’intervention. La Russie estime que ces actions contreviennent aux principes fondamentaux du droit international, en particulier à la souveraineté des États et à l’interdiction du recours à la force.
Des frappes menées malgré un contexte de négociations
En outre, le ministère russe souligne que ces attaques interviennent dans un contexte de relance d’un processus de négociation censé favoriser une désescalade durable autour de la République islamique d’Iran. Moscou affirme que des signaux lui avaient été transmis laissant entendre qu’Israël ne souhaitait pas une confrontation militaire avec Téhéran. À ses yeux, le recours à la force sous couvert de discussions diplomatiques constitue un facteur aggravant et mérite une condamnation ferme de la communauté internationale.
Un appel à l’ONU et à l’AIEA
Dans ce contexte, la Russie exhorte la direction des Nations unies ainsi que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à formuler une évaluation « objective et sans compromis » de la situation.
Elle estime que ces frappes menacent directement la paix, la stabilité et la sécurité au Moyen-Orient, région déjà fragilisée par de multiples crises. Pour Moscou, l’inaction ou l’ambiguïté de la communauté internationale risquerait d’encourager une escalade incontrôlée.
Le spectre d’une catastrophe régionale
De surcroît, la diplomatie russe considère que Washington et Tel-Aviv s’engagent dans une « aventure dangereuse » susceptible de précipiter la région vers une catastrophe humanitaire, économique et, potentiellement, radiologique. Elle accuse les deux pays de chercher à renverser l’ordre constitutionnel iranien et d’imposer un changement politique par la force, en violation des normes internationales. Les conséquences d’une telle dynamique — réaction en chaîne imprévisible et spirale de violence — seraient, selon Moscou, de leur entière responsabilité.
Les enjeux nucléaires et la non-prolifération
En outre, la Russie met en garde contre les répercussions de ces frappes sur le régime mondial de non-prolifération nucléaire, dont le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) constitue la pierre angulaire. Elle dénonce les bombardements d’installations nucléaires placées sous les garanties de l’AIEA, jugés « inadmissibles », et conteste l’argument selon lequel ces opérations viseraient à empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire. Selon Moscou, de telles actions risquent au contraire d’inciter d’autres États à renforcer leurs capacités de défense face à un environnement sécuritaire de plus en plus instable.
Une remise en cause de l’ordre juridique international
Enfin, le ministère russe s’inquiète de ce qu’il perçoit comme une multiplication d’actions américaines remettant en cause les principes structurants de l’ordre international : non-ingérence dans les affaires intérieures, renoncement à la menace ou à l’emploi de la force, et règlement pacifique des différends.
Pour la Russie, ces évolutions affaiblissent les fondements juridiques de la stabilité mondiale et compromettent les mécanismes multilatéraux établis depuis des décennies.
Moscou plaide pour une issue diplomatique
En conclusion, la Russie appelle à un retour immédiat à une solution politique et diplomatique. Elle affirme se tenir prête à contribuer à toute initiative visant à apaiser les tensions, dans le respect du droit international, du principe d’égalité souveraine des États et d’un équilibre des intérêts. Dans un contexte régional hautement inflammable, Moscou met en garde contre les risques d’une escalade incontrôlée et insiste sur la nécessité d’une désescalade rapide afin d’éviter une crise aux conséquences potentiellement irréversibles.
