Au cœur des paysages sculptés de Djurdjura, l’Université Akli Mohand Oulhadj de Bouira s’apprête à devenir le sanctuaire d’une réflexion littéraire d’envergure.
Les 6 et 7 octobre prochains, la Faculté des lettres et des langues vibrera au rythme d’un événement intellectuel majeur : un colloque national entièrement dédié à l’œuvre incisive et lumineuse de la romancière et essayiste Maïssa Bey.
Intitulé sobrement mais puissamment « Maïssa Bey, voix de femme, voix du monde ». Ce Rendez-vous académique et culturel ne se contente pas de célébrer une plume de renom ; il convie le lecteur, le chercheur et l’analyste à un pèlerinage au cœur de la conscience algérienne contemporaine.
Une écriture ancrée dans le réel, ouverte sur l’universel
Pour appréhender la portée de cet événement, il suffit de se pencher sur les mots de Boualem Tabouche, président du colloque. Selon lui, l’intitulé de la rencontre trace une ligne de force :
« L’intitulé du colloque invite à considérer l’œuvre de Maïssa Bey à partir d’un double discours : celui d’un ancrage profond dans la société algérienne coloniale et postcoloniale… et celui d’une portée transversale permettant de situer son écriture dans un horizon plus large, celui des études de genre, des théories postcoloniales et des questions mémorielles. »
À travers ses romans, Maïssa Bey a su panser, par les mots, les fractures d’une histoire tourmentée. L’héritage de la colonisation, les ombres persistantes de la tragique « décennie noire », ainsi que la quête inlassable de l’égalité tissent la trame d’une prose où la douleur se transmue en acte de résistance.

Les multiples visages d’une œuvre plurielle
Loin de se limiter à une seule lecture, le colloque de Bouira ambitionne de décortiquer la complexité stylistique et thématique de l’autrice. Les universitaires et chercheurs venus des quatre coins du pays se pencheront sur des axes aussi riches que variés :
- L’écriture de la mémoire et de l’intime : Explorer comment les souvenirs individuels se connectent à la grande Histoire.
- La condition féminine : Mettre en lumière les représentations de la femme, oscillant entre violence subie et résilience farouche.
- Les frontières du silence et de la parole : Comprendre comment l’indicible trouve refuge et expression dans la fiction littéraire.
- L’engagement et l’altérité : Mesurer la résonance universelle d’une voix qui transcende les barrières géographiques.
Outre la présence éclairée du professeur Benaouda Lebdai et de nombreux spécialistes, c’est l’écrivaine elle-même qui honorera ces assises de sa présence, offrant ainsi un dialogue rare entre la créatrice et ceux qui décortiquent son univers.
Au-delà des frontières : Un espace de dialogue universel
Ce rendez-vous culturel à l’UAMO de Bouira se veut avant tout un carrefour d’échanges. Comme le souligne si bien le comité d’organisation, la rencontre ambitionne de « montrer comment l’œuvre de Maïssa Bey, profondément enracinée dans l’expérience algérienne, parvient à dépasser les frontières géographiques et culturelles pour interroger des questions qui concernent toutes les sociétés ».
À l’heure où les repères s’étiolent, la littérature demeure ce phare inaltérable capable d’éclairer les zones d’ombre de nos sociétés. Les 6 et 7 octobre, l’Université de Bouira ne sera pas seulement le temps d’un colloque : elle sera le théâtre vibrant où la voix d’une femme s’élèvera pour résonner, haut et fort, comme la voix du monde.
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