La consommation d’électricité en Algérie poursuit sa trajectoire ascendante. Désormais, le pays est soumis à des « pics » fréquents de surconsommation, mais qui sont maîtrisée grâce à une production en constante évolution.
Ainsi et selon un récent rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la demande nationale devrait progresser à un rythme annuel moyen de 4,5 % d’ici 2030, sous l’effet conjugué de la croissance économique, de l’augmentation démographique et de la multiplication des épisodes de chaleur extrême qui dopent les besoins en climatisation.
Un pic historique en 2025
L’année 2025 marque un tournant. La consommation électrique a bondi de 5,4 % par rapport à 2024, atteignant un niveau record le 23 juillet avec un pic de 20,628 gigawatts. Quelques jours plus tôt, le 21 juillet, la demande avait déjà franchi le seuil des 20 508 mégawatts, illustrant la pression exercée sur le réseau en pleine saison estivale. Dans ce contexte de vagues de chaleur exceptionnelles, le gestionnaire national Sonelgaz est parvenu à maintenir la continuité du service et la qualité de l’alimentation, malgré des niveaux de sollicitation inédits.
La production annuelle avoisine désormais les 100 térawattheures, pour une capacité installée de 27,33 gigawatts. Cette marge de manœuvre a permis au système électrique national de dépasser les 20 gigawatts de charge tout en honorant ses engagements extérieurs.
Des exportations maintenues
Malgré la tension sur le réseau, l’Algérie a poursuivi ses exportations d’électricité vers la Tunisie. En 2025, celles-ci ont atteint environ 3,1 térawattheures, représentant près de 14 % des approvisionnements électriques tunisiens. Un indicateur qui confirme le rôle régional croissant de l’Algérie en matière d’interconnexion énergétique.
1,2 milliard de dollars pour renforcer le réseau
Pour accompagner cette dynamique haussière, l’État mobilise près de 1,2 milliard de dollars afin d’améliorer l’efficacité et la résilience du réseau national. Ces investissements portent sur la modernisation des infrastructures, l’intégration d’équipements plus performants et la mise en service de nouvelles centrales électriques.
L’objectif est double : absorber la progression rapide de la demande intérieure tout en préservant les capacités d’exportation de gaz naturel, ressource qui demeure au cœur du modèle énergétique national.
Un mix toujours dominé par le gaz
À ce jour, les centrales à gaz naturel représentent environ 99 % du mix électrique algérien. Cette dépendance structurelle constitue un défi majeur dans la perspective de la transition énergétique.
L’AIE prévoit une progression modérée de la part du solaire, qui passerait d’environ 1 % en 2025 à un peu plus de 2 % à l’horizon 2030. Plusieurs retards enregistrés dans certains appels d’offres expliquent cette montée en puissance graduelle.
Pourtant, les signaux d’accélération sont perceptibles. Les importations de panneaux photovoltaïques ont été multipliées par six en 2025 pour atteindre 2,1 gigawatts, avec un pic de 700 mégawatts au dernier trimestre. Cette évolution traduit l’entrée effective du programme national des énergies renouvelables dans sa phase opérationnelle.
Entre pression climatique et transition progressive
L’intensification des vagues de chaleur et l’essor des équipements de refroidissement accentuent la pression sur les infrastructures électriques. Face à cette réalité, la modernisation du réseau et la diversification du mix énergétique apparaissent comme des priorités stratégiques.
Si le gaz naturel conserve une position ultra-dominante, le solaire amorce une progression encore modeste mais tangible. À l’horizon de la fin de la décennie, l’enjeu pour l’Algérie sera de concilier sécurité d’approvisionnement, stabilité des exportations et transition énergétique graduelle dans un contexte climatique de plus en plus exigeant.
