À Draâ El Mizan, une ville de plus de 30 000 habitants au sud-ouest de Tizi-Ouzou, la crise des déchets ménagers a atteint un seuil critique.
Des dépotoirs sauvages prolifèrent désormais en plein cœur des quartiers résidentiels, aux pieds des immeubles, menaçant la santé publique à l’approche de l’été.
Des ordures à ciel ouvert depuis plus d’un mois
En effet, l’exemple le plus flagrant se situe au pied des 18 logements d’enseignants, sur l’axe menant au CEM Frères Harchaoui, à la salle omnisports, à la piscine semi-olympique et au stade jouxtant le lycée Ali Mellah.
Les ordures ne sont plus collectées depuis plus d’un mois. Résultat : des odeurs nauséabondes envahissent l’espace public et les résidents ne peuvent plus ouvrir leurs fenêtres. « Les mauvaises odeurs nous agressent au quotidien. Nous craignons d’être envahis par des moustiques, et d’autres maladies peuvent se déclarer à partir de ces gigantesques poubelles — d’autant qu’on parle ces derniers temps de l’hantavirus et de la leptospirose, des bactéries transmises par les rongeurs. Nous interpellons vivement les autorités locales, car il y va de notre santé », s’alarme un résident du quartier. Autre préoccupation urgente signalée par les habitants : le CEM Frères Harchaoui doit accueillir dans quelques jours un centre d’examen. Des élèves seront contraints de traverser ce couloir insalubre.
24 logements LPA : un foyer de danger persistant
Un second site est régulièrement signalé à proximité des 24 logements LPA récemment attribués à leurs bénéficiaires. Cette décharge, ancienne et tenace, a résisté aux tentatives d’éradication de l’APC.
Lors d’un épisode d’incinération des ordures, un poteau d’Algérie Télécom a failli être carbonisé. « Maintenant que des familles occupent ces nouveaux logements, il est temps de prendre des sanctions sévères à l’encontre des contrevenants. Cette décharge est devenue un danger réel pour les riverains », avertit un habitant du Lotissement Nord.
La collecte des ordures : un service en chute libre
Au-delà des sites identifiés, c’est l’ensemble de la ville qui souffre d’une désorganisation profonde du service de ramassage. Les résidents témoignent d’un effondrement progressif du rythme de collecte. « Avant, le camion passait pratiquement tous les deux jours. Ce programme n’est plus respecté depuis près de six mois. Parfois, il ne passe qu’une fois par semaine, voire tous les dix jours », déplore un habitant du Lotissement Sud, contraint de transporter lui-même ses ordures dans son véhicule pour les déposer ailleurs. Les chiens errants aggravent la situation : en fouillant dans les dépotoirs, ils dispersent les déchets sur la chaussée, rendant certains trottoirs impraticables.
Santé publique et image de la ville en jeu
L’indignation monte également sur les réseaux sociaux. « À quoi sert le concours du village le plus propre de la wilaya lorsqu’on est heurtés par ces décors désolants ? », interroge un internaute sur Facebook. Avec l’arrivée imminente des chaleurs estivales, les risques sanitaires liés à la prolifération des moustiques, des rongeurs et des bactéries associées — hantavirus, leptospirose — ne sont plus une crainte abstraite. Les autorités locales de Draâ El Mizan sont désormais face à une urgence qui ne souffre plus aucun délai.
