L’Algérie franchit ce lundi 18 mai 2026 une étape décisive dans sa stratégie de transition énergétique.
En effet, deux centrales photovoltaïques d’envergure — Tendla à El M’ghair et El Ghrous à Biskra — entrent officiellement en service, injectant pour la première fois de l’énergie solaire à grande échelle dans le réseau électrique national.
400 MW solaires : un cap historique pour le réseau national
Ainsi, le ministre de l’Énergie Mourad Adjal a présidé en personne la mise en service des deux centrales, chacune dotée d’une capacité de 200 mégawatts-crête. Deux ans après le lancement des travaux, l’Algérie inscrit ainsi son nom sur la carte des producteurs solaires à grande échelle.
Le ministère parle sans détour d’ « événement historique » : c’est la première injection significative d’électricité solaire dans le réseau national, dans le cadre du programme de développement des énergies renouvelables. Un symbole fort, autant qu’un signal concret adressé aux marchés et aux partenaires internationaux.
Un programme à 15 000 MW d’ici 2035
Ces deux centrales ne sont qu’une entrée en matière. Et pour cause, l’Algérie s’est fixée un objectif ambitieux : atteindre les 15 000 MW d’énergie propre à l’horizon 2035, afin de réduire structurellement sa dépendance aux hydrocarbures pour la consommation intérieure.
Une première phase de 3 200 MW est déjà en cours de réalisation, avec des projets disséminés dans les wilayas du Sud et des Hauts Plateaux, à dominante solaire photovoltaïque. Le rythme s’accélère nettement : fin 2023, la capacité installée en renouvelables était estimée à environ 600 MW selon le CEREFE. En 2025, les projets en cours ont ajouté quelque 2 620 MW supplémentaires. La progression est réelle, même si l’objectif final reste lointain.
L’hydrogène vert, prochaine étape stratégique
Par ailleurs et au-delà du solaire et de l’éolien, Alger positionne déjà l’hydrogène vert comme filière de long terme. La logique est cohérente : utiliser le gisement solaire saharien pour produire de l’électricité renouvelable, transformer cette électricité en hydrogène par électrolyse, puis exporter vers les marchés européens via des corridors énergétiques dédiés.
Des projets pilotes, des programmes de recherche conjoints et des travaux d’évaluation des corridors Afrique du Nord–Europe sont déjà engagés avec des partenaires institutionnels européens. L’intérêt croissant de l’Europe pour l’hydrogène vert africain donne à cette filière une dimension géopolitique que l’Algérie entend pleinement exploiter. Le pari est clair : transformer le soleil du Sahara en levier d’influence industrielle et énergétique, bien au-delà des frontières nationales.
