Alors que le chef de l’État, M. Abdelmadjid Tebboune, affirme que le terme « fraude » est désormais banni du vocabulaire électoral en Algérie, une formation politique dénonce une tentative de « fraude en amont », particulièrement à Alger.
Le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) vient de monter au créneau dans un communiqué cinglant diffusé ce 4 mai 2026.
Le parti y fustige des « entraves administratives » et une « opacité orchestrée », menaçant, selon lui, la légitimité du scrutin du 2 juillet prochain.
Des « obstructions ciblées » dénoncées
Pour le RCD, les difficultés rencontrées sur le terrain, notamment dans la capitale, ne relèvent pas du hasard ou de simples couacs logistiques. Le parti dénonce une « stratégie assumée d’obstruction » concernant la validation des parrainages.
Selon la formation présidée par Atmane Mazouz, l’administration ne remplirait plus son rôle de service public, mais agirait sous l’influence d’« officines de l’ombre » pour filtrer les candidatures gênantes. L’objectif affiché serait d’empêcher toute compétition réelle afin de « fabriquer un résultat » sur mesure.
Représentation de la diaspora : un « flou » persistant
L’autre point de friction majeur concerne les Algériens établis à l’étranger. Le RCD pointe du doigt une « opacité totale » sur la répartition des sièges de la diaspora. Il dénonce également l’absence de signature du décret de répartition, bloquant de fait toute visibilité pour les candidats et les électeurs.
Cette situation est interprétée par le parti d’opposition comme une volonté délibérée de « confisquer » la représentation nationale et de maintenir un « statu quo » politique, au détriment d’une expression authentique de la société.
Le RCD appelle l’administration à se ressaisir
Le communiqué souligne un « lien direct » entre ces pratiques et le « désintérêt croissant » des citoyens pour les urnes. En « vidant le vote de son sens », l’administration porterait, selon les termes utilisés par la formation progressiste, l’entière responsabilité de la désaffection électorale à venir. « On ne stabilise pas un pays en entravant l’expression libre de sa société », prévient le parti.
Enfin, dans le but d’éviter ce qu’il qualifie de « chaos électoral », le RCD pose plusieurs conditions non négociables :
• La levée immédiate des obstacles liés aux parrainages ;
• La publication «sans délai» du décret sur les sièges de l’étranger ;
• Le respect strict de l’égalité entre les candidats.
Faute de quoi, conclut le document, les autorités publiques devront assumer seules les conséquences d’une crise de confiance profonde et d’un scrutin discrédité avant même d’avoir eu lieu.
