La wilaya de Ghardaïa, et plus précisément la commune de Berriane, semble être devenue le carrefour privilégié d’un commerce illicite et dangereux : celui des abats et viandes putréfiés.
Ainsi, en une seule journée, plus de 8 tonnes de marchandises impropres à la consommation ont été interceptées par la Gendarmerie Nationale.
Une affaire de santé publique !
En effet, le fléau de la viande avariée destinée à la consommation prend une ampleur alarmante dans le sud algérien. Après les saisies massives du 19 février (2 675 kg) et du 2 mars (12 680 kg), les services de sécurité ont de nouveau frappé un grand coup. Cette fois, ce sont 8 080 kg d’abats, de têtes et de pieds d’ovins et de bovins qui ont été retirés du circuit de distribution.
Ces cargaisons, issues de races subsahariennes telles que le Sidaoune et le Fellaouane, remontent systématiquement du Grand Sud vers le Nord du pays, mettant en péril la santé publique sur des centaines de kilomètres. Ce trafic, comme celui de la drogue et autres produits psychotropes, constitue un véritable danger pour la santé publique. Selon des sources proches du dossier, cette viande « alimente » des réseaux implantés dans le nord du pays, notamment en Kabylie.
Les gendarmes aux aguets !
Le démantèlement de cet énième convoi de l’insalubrité s’est déroulé en deux temps sur la Route Nationale 1 (RN1), où une patrouille, pensant porter secours à un camion frigorifique stationné sur le bas-côté, a été alertée par une odeur pestilentielle. La climatisation étant éteinte, la cargaison se décomposait à vue d’œil. Quelques heures plus tard, à la sortie nord de Berriane vers Laghouat, un second véhicule a été intercepté. Le constat fut identique : un entassement de restes animaux dégageant des émanations insupportables.
L’inspection menée par les vétérinaires de la Direction du Commerce et les services d’hygiène de l’APC de Berriane est sans appel. Le décompte des produits saisis fait froid dans le dos : 146 têtes d’ovins, 584 pieds d’ovins, 800 pieds de vaches. Le rapport confirme le non-respect total de la chaîne du froid et des normes d’hygiène élémentaires.
Tolérance zéro pour les trafiquants
La marchandise a été déclarée impropre à la consommation humaine et immédiatement enfouie dans la décharge contrôlée de la commune. Face à ce mépris flagrant de la réglementation, les autorités n’ont pas tremblé. Les deux camions frigorifiques ont été placés en fourrière. Quant aux chauffeurs et leurs complices, ils ont été présentés devant le parquet de Berriane.
Ils devront répondre de chefs d’accusation graves, notamment le transport et la tentative de commercialisation de produits carnés corrompus menaçant la sécurité sanitaire des citoyens. Cette multiplication des saisies à Berriane souligne l’efficacité de la vigilance des services de la Gendarmerie Nationale, mais révèle aussi l’insistance de réseaux mafieux prêts à tout pour écouler des produits dangereux sur nos marchés.
