Les éléments de l’Armée nationale populaire(ANP), frappent un nouveau coup contre les réseaux de trafic de psychotropes au Sahara.
L’opération, menée sur renseignement, révèle l’ampleur de la pression exercée sur les frontières sud du pays. Un million quarante-huit mille comprimés. C’est la quantité saisie par des détachements mixtes de l’Armée nationale populaire (ANP) lors d’une opération coup-de-poing menée le 9 mai 2026 dans la wilaya de Tamanrasset, au cœur du Grand Sud algérien.
Une embuscade soigneusement préparée dans le désert
Relevant du secteur militaire de Tamanrasset, au sein de la sixième région militaire, les unités de l’ANP ont agi sur la base d’un renseignement exploité en amont. Une embuscade a été tendue, débouchant sur l’interception d’un véhicule tout-terrain qui tentait de franchir la zone.
Le bilan de l’opération est sans appel :
• +1 048 000 comprimés de prégabaline 300 mg saisis
• 2 individus arrêtés
• 2 appareils de communication Thuraya — outils classiques des réseaux de contrebande sahariens — confisqués
La prégabaline, nouveau poison des réseaux de trafic
La prégabaline est un médicament antiépileptique et antidouleur, légalement prescrit sous contrôle médical. Mais depuis plusieurs années, ce psychotrope est devenu l’une des substances les plus trafiquées en Algérie et dans toute la région sahélo-saharienne. Détournée de son usage thérapeutique, la prégabaline à forte dose provoque des effets euphorisants proches de ceux des opioïdes, entraînant une dépendance sévère.
Les dosages saisis — 300 mg par comprimé, soit la dose maximale commercialisée — et les volumes en jeu confirment qu’il ne s’agit pas d’un trafic artisanal mais bien d’un réseau organisé, capable de mobiliser des quantités industrielles de stupéfiants à travers les pistes sahariennes.
Tamanrasset, verrou stratégique face aux flux transfrontaliers
Carrefour entre l’Algérie, le Niger, le Mali et la Libye, Tamanrasset est depuis longtemps identifiée comme une plaque tournante des trafics transsahariens. Drogues, armes, migrants : les mêmes routes servent à plusieurs types de trafics, souvent contrôlés par des organisations criminelles structurées.
Face à cette pression constante, l’ANP a considérablement renforcé ses dispositifs dans la région. Détachements mixtes, exploitation du renseignement humain et technique, coordination interservices : la sixième région militaire est aujourd’hui l’un des théâtres les plus actifs de la lutte contre la contrebande organisée en Algérie.
Une mobilisation qui ne faiblit pas
Le ministère de la Défense nationale présente cette saisie comme une nouvelle illustration de la mobilisation permanente des forces armées contre « toutes les tentatives d’introduction et de trafic de ces poisons ». Une formulation volontairement ferme, qui s’inscrit dans une communication institutionnelle destinée à montrer que les frontières sud ne sont pas une zone de non-droit.
Les deux individus interpellés ont été remis aux autorités judiciaires compétentes. L’enquête devrait permettre de remonter les filières d’approvisionnement et d’identifier les commanditaires d’un chargement dont la valeur marchande sur le marché noir se chiffre en dizaines de millions de dinars. Dans un pays confronté à la montée de la consommation de psychotropes détournés, chaque saisie de cette ampleur représente à la fois un succès opérationnel et un signal d’alarme sur la sophistication croissante des réseaux criminels actifs aux portes du Sahara.
