Les exportations algériennes de gaz naturel liquéfié (GNL) ont connu un recul modéré au premier trimestre 2026, tout en laissant apparaître des signaux encourageants de reprise dans un contexte mondial marqué par de fortes tensions sur les approvisionnements énergétiques.
Une dynamique de reprise progressive
En effet, selon les dernières données publiées par l’Unité de recherche sur l’énergie de la plateforme Attaqa, basée à Washington, les expéditions algériennes de GNL ont atteint 2,04 millions de tonnes entre janvier et mars 2026, contre 2,23 millions de tonnes durant la même période en 2025. Cela représente une baisse de 8,5%, soit un repli de près de 180.000 tonnes. Il s’agit, d’après les données historiques disponibles, du niveau trimestriel le plus bas enregistré depuis au moins 2013.
Au-delà de cette baisse en glissement annuel, l’analyse mensuelle révèle toutefois une évolution plus nuancée et surtout plus positive. Après un début d’année relativement modéré, les exportations ont progressivement retrouvé un rythme plus soutenu.
En janvier 2026, les livraisons ont atteint 440.000 tonnes, affichant une progression de 13% par rapport à janvier 2025. Cette tendance s’est poursuivie en février, avec un volume de 670.000 tonnes, même si ce niveau demeure légèrement inférieur à celui observé un an auparavant.
Le mois de mars marque un véritable tournant. Les exportations ont bondi à 940.000 tonnes, enregistrant une hausse de 40% par rapport au mois précédent. Bien que ce volume reste en deçà des 1,15 million de tonnes exportées en mars 2025, il confirme une reprise graduelle et solide de l’activité.
Un contexte international favorable
Cette amélioration s’inscrit dans un environnement international particulier, caractérisé par des perturbations des flux énergétiques mondiaux, notamment au niveau du détroit d’Ormuz, point stratégique pour le transport des hydrocarbures.
Les tensions persistantes au Moyen-Orient et les difficultés d’approvisionnement en provenance de la région du Golfe ont stimulé la demande mondiale en GNL. Dans ce contexte, l’Algérie tire profit de sa position géographique avantageuse et de ses infrastructures pour s’imposer comme un fournisseur fiable et réactif.
Sa proximité avec l’Europe, combinée à une logistique maîtrisée, en fait une alternative sécurisée pour les marchés européens en quête de diversification énergétique. Le pays démontre ainsi sa capacité à ajuster rapidement ses volumes d’exportation en fonction des besoins du marché.
Les principaux clients
Sur le plan commercial, la Turquie s’est maintenue comme premier client du GNL algérien au cours du premier trimestre 2026, absorbant à elle seule près de la moitié des exportations, soit 1,02 million de tonnes, un niveau globalement stable par rapport à l’année précédente.
La France occupe la deuxième position avec 610.000 tonnes importées, en léger recul comparativement aux 693.000 tonnes enregistrées en 2025. Toutefois, le mois de mars a été marqué par un net regain de la demande française, avec 347.000 tonnes réceptionnées.
Le Royaume-Uni affiche, quant à lui, une progression remarquable. Ses importations ont atteint 140.000 tonnes, contre seulement 60.000 tonnes un an auparavant, soit une hausse de 130%. L’Italie suit la même tendance, avec 130.000 tonnes importées contre 122.000 tonnes en 2025.
À l’inverse, l’Espagne a fortement réduit ses achats, limités à 74.000 tonnes concentrées sur le seul mois de mars, enregistrant une chute de 60% sur un an après plusieurs mois d’arrêt des importations depuis novembre 2025.
Enfin, la Croatie fait son apparition parmi les clients du GNL algérien avec 72.000 tonnes importées en mars, illustrant l’élargissement progressif du portefeuille de partenaires commerciaux du pays.
