Le Maroc traverse une crise énergétique inédite.
Et pour cause, les flux de gaz naturel en provenance d’Espagne ont été interrompus pendant quatre jours consécutifs avant de reprendre à des niveaux très inférieurs à la normale, plongeant le royaume dans une situation de tension sur son système d’approvisionnement électrique.
Ainsi, c’est ce que révèle un rapport de la société de conseil en risques North Africa Risk Consulting (NARCO), transmis à la plateforme spécialisée attaqa, basée à Washington.
Quatre jours sans gaz, panique au Royaume!
En effet, selon les données compilées par NARCO, les flux de gaz naturel vers le Maroc via l’Espagne ont été totalement interrompus pendant quatre jours, avant de reprendre progressivement, mais à des volumes inférieurs de 20 % aux quantités habituelles.
Jeudi dernier, la situation s’est encore dégradée, puisque les approvisionnements tombant à moins d’un quart des niveaux normaux, témoignant de la persistance des pressions opérationnelles sur la chaîne d’approvisionnement. La même source précise toutefois que les livraisons ont été de nouveau interrompues vendredi, avant qu’un pompage à faibles niveaux ne reprenne samedi 28 mars 2026, sans retour à la normale.
Une dépendance structurelle au GME
Cette crise met en lumière une vulnérabilité structurelle majeure du système énergétique marocain : sa dépendance quasi exclusive à une seule voie d’approvisionnement en gaz. Le Maroc importe en effet son gaz naturel liquéfié (GNL) via des terminaux de regazéification en Espagne, avant son acheminement par le gazoduc Maghreb-Europe.
En l’absence de capacités de stockage suffisantes, le royaume se retrouve incapable d’absorber les chocs soudains sur les marchés internationaux.
Cette situation est d’autant plus paradoxale que le Maroc avait amorcé l’année 2026 avec une augmentation notable de ses importations de gaz, dans le cadre d’une stratégie affichée de renforcement de la sécurité énergétique et de diversification des sources d’approvisionnement.
Recours accru au charbon…
La perturbation des approvisionnements en gaz a immédiatement impacté l’équilibre du système électrique national, dans un contexte de hausse de la demande locale d’électricité.
Pour faire face aux besoins des centrales thermiques durant les périodes de pointe, les autorités marocaines ont été contraintes de renforcer leur dépendance au charbon, une option climatiquement coûteuse et en contradiction avec les ambitions de transition énergétique du royaume. En parallèle, le Maroc recherche activement des cargaisons d’urgence de GNL sur les marchés internationaux afin de combler le déficit et assurer la continuité de l’approvisionnement durant cette période critique.
Une crise qui intervient dans un contexte de rareté mondiale du gaz
Ce choc énergétique s’inscrit dans un contexte international marqué par la rareté du gaz naturel sur les marchés mondiaux, aggravée par la décision espagnole de réduire temporairement ses livraisons. Au total, les importations de gaz du Maroc via l’Espagne ont reculé d’environ 20 % sur l’ensemble du mois de mars 2026, selon des sources exclusives citées par la plateforme Attaqa.

Un commentaire
Certains points mériteraient d’être développés davantage.