Le Centre d’enfouissement technique (CET) d’Oued Falli, situé à cinq kilomètres de Tizi-Ouzou, est au cœur d’une vive polémique. Alors que son extension est officiellement lancée, les habitants du pôle urbain environnant tirent la sonnette d’alarme et appellent le wali à intervenir d’urgence.
Ainsi, opérationnel depuis 2014, ce CET traite quotidiennement 327 tonnes de déchets ménagers, provenant de Tizi-Ouzou, de Draâ Ben Khedda et de onze autres communes de la wilaya. Dès 2021, son taux de remplissage avait atteint 89 %, contraignant les autorités à envisager sa fermeture temporaire.
En 2022, l’ex-ministre de l’Environnement et des Énergies renouvelables, Samia Moualfi, avait officialisé lors d’une visite sur site la décision d’extension du centre. Une enveloppe de 275 millions de dinars avait été allouée à ce projet. Il faudra néanmoins attendre 2024 pour qu’une entreprise soit désignée afin de réaliser cette extension de 3 hectares, destinée à renforcer les capacités d’accueil du site.
Les riverains dénoncent une catastrophe écologique et sanitaire
En effet, à peine les travaux lancés, une contestation citoyenne de grande ampleur a émergé, notamment sur les réseaux sociaux. Les habitants du pôle urbain d’Oued Falli — une zone résidentielle comptant plus de 5 000 habitants et quelque 1 500 logements — dénoncent une situation jugée inacceptable.
Les griefs soulevés sont nombreux :
- Pollution atmosphérique : des gaz toxiques et des odeurs nauséabondes pénètrent jusque dans les salles de cours d’une école primaire et d’un CEM voisins.
- Nuisances sonores : le passage incessant de dizaines de camions chargés de déchets perturbe le quotidien des résidents.
- Risques sanitaires : prolifération de rats, rongeurs porteurs de virus, nuées de moustiques et de mouches constituent une menace directe pour la santé publique.
- Proximité avec des équipements sensibles : une polyclinique en cours de livraison, une école primaire et un collège jouxtent directement le périmètre d’extension.
« Il est impensable de réaliser une extension tout près d’une école primaire, d’une polyclinique, d’un collège. Les gaz toxiques arrivent même dans les salles de cours », témoigne un habitant de Tizi-Ouzou sur les réseaux sociaux.
Le wali de Tizi-Ouzou appelé à agir
Face à cette situation, les résidents d’Oued Falli interpellent directement M. Aboubakar Seddik Boucetta, wali de Tizi-Ouzou, lui demandant de suspendre l’extension et de délocaliser le CET vers un site plus adapté, loin des zones habitées.
Il convient de rappeler que le choix initial du terrain remonte à une époque antérieure à la construction des ensembles résidentiels environnants.
La situation a donc profondément évolué, rendant la cohabitation entre ce centre de traitement des déchets et les riverains de plus en plus problématiques. Les habitants d’Oued Falli seront-ils enfin entendus ? La question reste entière, tandis que la pression citoyenne continue de monter sur les autorités locales.
