Dans le cadre des mesures visant à réguler le marché des viandes rouges, le port d’Oran a enregistré, jusque tard dans la nuit du réveillon de la Saint-Sylvestre, le déchargement d’une cargaison massive de bétail
Ainsi, l’opération de déchargement de plus de 10 000 têtes d’ovins destinées à l’abattage s’est poursuivie activement au port d’Oran, coïncidant avec le passage à l’année 2026. Cette cargaison a été importée sous la supervision de l’Office Régional des Viandes de l’Ouest (ORVO), par les groupes ALVIAR EPE/SPA, filiale du groupe AGROLOG.
Stabiliser les prix avant le Ramadan
Cette initiative s’inscrit en droite ligne avec le programme tracé par le Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural. L’objectif est d’anticiper la hausse de la demande à l’approche du mois sacré de Ramadan et briser la spirale inflationniste pour préserver le pouvoir d’achat des citoyens.
L’arrivée de ces quantités importantes par voie maritime a été accueillie favorablement par la population. Cette stratégie d’importation massive vise à stabiliser durablement les prix de la viande rouge sur le marché national, avec un objectif de plafonnement ne dépassant pas les 2 000 DA le kilogramme.
Grâce à cette régulation par l’offre, les autorités espèrent instaurer un équilibre durable dans les étals et contrer toute tentative de spéculation durant les semaines à venir.
Un constat présidentiel lucide
Pourtant, cette dépendance aux marchés extérieurs n’est pas une fin en soi. Lors de son allocution devant le Parlement réuni en congrès au Palais des Nations, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a fait preuve d’une franchise remarquée. Il a admis sans détour « un échec dans la production de viandes de toutes sortes », soulignant que cette situation « soulève de grandes interrogations » quant à l’efficacité des politiques passées.
Le chef de l’État a exhorté les responsables du secteur à assumer leurs responsabilités, martelant une vision souverainiste :
« Les fonds colossaux destinés à l’importation de viandes devraient revenir en priorité aux enfants de l’Algérie ».
Entre urgence sociale et réforme structurelle
Depuis le Ramadan 2023, l’importation massive est devenue le principal levier de l’État pour protéger le pouvoir d’achat. Après les 100 000 tonnes prévues en 2024 et les annonces d’importations massives pour l’Aïd El Adha 2025, la tendance semble se confirmer pour 2026.
Toutefois, tout n’est pas sombre dans le secteur agricole. Le Président a tenu à souligner les points de satisfaction, notamment :
● Le dynamisme entrepreneurial : La création de 15 000 entreprises agricoles par des exploitants locaux.
● La modernisation : Un apport positif croissant à l’économie nationale grâce au recours accru aux nouvelles technologies.
L’enjeu de 2026
L’équilibre est désormais fragile : d’un côté, la nécessité d’importer pour éviter la flambée des prix, et de l’autre, l’impératif de relancer une production nationale capable, à terme, de s’auto-suffire. Pour les citoyens, l’arrivée de ces 10 000 moutons est une bouffée d’oxygène, mais pour l’exécutif, c’est un rappel de l’urgence d’une réforme profonde de la filière animale.
