Coup de théâtre lors de la proclamation des résultats définitifs des élections législatives du 2 juillet 2026.
Ce samedi, la Cour constitutionnelle a levé le voile sur de graves irrégularités ayant entaché le scrutin dans plusieurs wilayas clés, entraînant l’annulation immédiate de milliers de suffrages.
Des « irrégularités » majeures qui secouent le scrutin
Lors d’une conférence de presse très attendue ce samedi, la présidente de la Cour constitutionnelle, Leïla Aslaoui, a tapé du poing sur la table. L’institution a officiellement fait état d’« irrégularités ayant eu une incidence directe sur la sincérité du scrutin ».
Plusieurs partis politiques majeurs, habitués des hautes sphères du pouvoir, se retrouvent directement ciblés par ces vagues d’annulations de voix. Parmi eux, le Front de libération nationale (FLN), le Rassemblement national démocratique (RND) et le Front El Moustakbal.
Alger, Bouira, Djelfa : Les foyers de la fraude électorale
Les investigations de la Cour constitutionnelle révèlent que les fraudes ont principalement ciblé cinq wilayas : Alger, Bouira, Djelfa, Batna et Oran.
- À Alger : C’est la circonscription la plus touchée. La Cour a purement et simplement annulé les voix de la liste du Front El Moustakbal dans 57 bureaux de vote, avec un ancrage particulièrement critique dans la commune de Bourouba.
- À Bouira : Le Front El Moustakbal est de nouveau sanctionné. Ses suffrages ont été invalidés dans de nombreuses communes, notamment à Bir Ghbalou, El Kadiria, El Djahabia, Aïn Bessem, Lakhdaria et Sour El Ghozlane.
- À Djelfa : La fraude a pris une tournure radicale dans la commune de Hassi Bahbah. La Cour y a annulé la totalité des voix de la liste du Parti de l’Unité nationale et du Développement, ainsi que l’ensemble des suffrages du RND dans tous les bureaux de vote de cette même commune.
Malgré les votes annulés, le FLN et le RND maintiennent leur domination
Si ces fraudes massives jettent une ombre sur la crédibilité du processus électoral, elles n’ont pas suffi à inverser le rapport de force traditionnel. Les partis historiques conservent la tête de l’Assemblée Populaire Nationale (APN).
Malgré l’annulation de nombreuses voix à Alger et dans d’autres wilayas, le FLN et le RND parviennent à s’octroyer les deux premières places du podium.
Le FLN et le RND verrouillent la nouvelle Assemblée, les détails de la répartition des sièges
À la suite de la proclamation des résultats définitifs des élections législatives, la configuration de la nouvelle Assemblée Populaire Nationale (APN) est désormais actée. Entre maintien du statu quo pour les partis traditionnels et émergence de forces minoritaires, découvrez la répartition complète des forces politiques au sein de l’hémicycle.
Le trio de tête indéboulonnable et la poussée islamiste
Sans surprise, le paysage politique algérien reste dominé par les formations traditionnelles. Le Front de libération nationale (FLN) confirme son ancrage en conservant sa position de première force politique du pays avec 91 sièges. Il est immédiatement talonné par le Rassemblement national démocratique (RND), qui s’impose comme le principal outsider avec 74 sièges. Le Front El Moustakbal complète ce podium de tête en s’octroyant 56 sièges.
Juste derrière ce trio, la mouvance islamiste maintient une présence significative dans l’hémicycle :
- Le Mouvement de la société pour la paix (MSP) prend la quatrième place avec 43 sièges.
- Le Mouvement El Bina le suit de près, totalisant 40 sièges.
De leur côté, les listes de candidats indépendants confirment leur rôle d’arbitres au sein de la nouvelle assemblée en raflant un total non négligeable de 33 sièges.
Les forces du bloc intermédiaire et de l’opposition
Au-delà des grands blocs, plusieurs partis parviennent à consolider leur présence ou à marquer leur retour :
- Sawt Echaâb (La Voix du Peuple) : Confirme sa dynamique avec 16 sièges.
- Front des forces socialistes (FFS) : Le plus vieux parti d’opposition décroche 12 sièges.
- Parti de la liberté et de la justice (PLJ) & Parti El Fadjr El Djadid : Réalisent un score identique avec 6 sièges chacun.
- Parti El Karama : S’assure une représentation avec 5 sièges.
- Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) & Front de la justice et du développement (FJD) : Obtiennent chacun 4 sièges.
L’émiettement du reste de l’hémicycle
Le reste des sièges de l’APN se répartit entre des formations plus modestes, illustrant une certaine fragmentation du vote :
- Le TAJ et le Parti des travailleurs (PT) obtiennent 3 sièges chacun.
- Le Mouvement Ennahda devra se contenter de 2 sièges.
Enfin, cinq formations ferment la marche en réussissant à introduire un unique représentant au Parlement. Le Front de l’Algérie nouvelle, le Front de la bonne gouvernance, le Front des citoyens libres, le Parti du renouveau algérien (PRA) et l’Alliance républicaine (ANR) décrochent ainsi chacun 1 siège. Une présence symbolique, mais qui pourrait s’avérer précieuse lors des tractations pour les futures coalitions parlementaires.
Ces corrections de trajectoire par la Cour constitutionnelle démontrent une volonté de surveiller de plus près les dérapages électoraux, même si l’impact de ces fraudes sur la configuration finale du Parlement suscite déjà de vifs débats au sein de la classe politique et de l’opinion publique.
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