Les relations économiques entre Alger et Moscou s’apprêtent à franchir un nouveau cap stratégique.
En amont de la 13e session de la Commission intergouvernementale mixte algéro-russe, le ministre d’État, ministre de l’Énergie algérien, Mohamed Arkab, s’est entretenu à Moscou avec le ministre russe des Ressources naturelles et de l’Environnement, Alexandre Kozlov. Au cœur des discussions : le renforcement massif des investissements énergétiques et miniers russes en Algérie.
Cette rencontre de haut niveau s’est déroulée en présence de figures clés du secteur énergétique algérien, notamment Samir Bekhti, président de l’ALNAFT (Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures), et Amine Remini, président de l’Autorité de régulation des hydrocarbures, témoignant de l’importance cruciale de ces accords pour l’avenir de l’axe Alger-Moscou.
Les terres rares et les minerais critiques au cœur du partenariat
Alors que la transition énergétique mondiale s’accélère, l’Algérie et la Russie unissent leurs forces pour sécuriser et valoriser les ressources de demain. Les discussions ont largement porté sur l’intégration des entreprises russes tout au long de la chaîne de valeur du secteur minier :
• Recherche et exploration géologique.
• Exploitation et transformation des ressources.
• Focus sur les minerais stratégiques et les terres rares, indispensables au développement des technologies de pointe et des énergies renouvelables. « Les deux parties ont souligné leur volonté commune de renforcer le partenariat économique et les investissements, notamment dans les secteurs stratégiques à forte valeur ajoutée. »
Climat des affaires : L’Algérie séduit les investisseurs russes
Pour capter ces investissements d’envergure, Mohamed Arkab a exposé la feuille de route de l’Algérie visant à diversifier son économie hors hydrocarbures. Le ministre d’État a mis en avant les réformes majeures destinées à rendre le marché algérien particulièrement attractif :
1. Un nouveau cadre juridique moderne régissant les activités minières.
2. La modernisation des infrastructures géologiques et le partage de données aux standards internationaux.
3. Une politique de développement durable stricte pour garantir une exploitation responsable et respectueuse des normes environnementales.
Gara Djebilet, Oued Amizour : Des méga-projets ouverts à l’expertise russe
L’Algérie ne manque pas d’arguments et cherche des partenaires solides pour concrétiser ses ambitions industrielles. Mohamed Arkab a formellement invité les géants russes à injecter des capitaux et à transférer leur savoir-faire technologique dans des projets structurants majeurs :
• Le gisement de fer de Gara Djebilet (l’un des plus grands projets miniers d’Afrique).
• Le projet intégré de transformation du phosphate.
• Le gisement de zinc et de plomb d’Oued Amizour.
• L’objectif pour Alger est clair : stimuler l’industrialisation nationale, réduire les importations et créer des milliers d’emplois locaux.
La Russie prête à accélérer sa présence en Algérie
L’appel d’Alger a trouvé un écho très favorable du côté du Kremlin. Le ministre russe Alexandre Kozlov a salué le potentiel géologique exceptionnel de l’Algérie ainsi que l’efficacité des réformes économiques en cours.
Moscou a réaffirmé la pleine disponibilité des entreprises russes à accentuer leur présence sur le sol algérien. Ce partenariat renouvelé, fondé sur le principe du « gagnant-gagnant », promet de redéfinir la carte de la coopération énergétique et minière en Afrique du Nord.
