La campagne moisson-battage 2025/2026 s’ouvre ce mercredi 20 mai à El-Menéa avec un dispositif hors norme !
Ainsi et selon la Direction des services agricoles (DSA) locale, ce ne sont pas moins de 120 camions gros porteurs et 60 moissonneuses-batteuses, qui ont convergé vers la wilaya saharienne, à 870 km au sud d’Alger, formant l’un des plus imposants convois agricoles jamais déployés dans le Grand Sud.
Un grenier à grains au cœur du désert
En effet, ce déploiement massif, orchestré par l’Office Algérien Interprofessionnel des Céréales (OAIC) en coordination avec la Coopérative des Céréales et Légumes Secs (CCLS) d’El-Menéa, traduit l’enjeu stratégique que représente désormais cette wilaya pour la sécurité alimentaire nationale.
El-Menéa n’est plus une simple wilaya saharienne. Avec 230 exploitations agricoles et plus de 22 000 hectares dédiés à la céréaliculture — dont une large part en blé dur et en semences —, elle s’est imposée comme l’un des principaux bastions céréaliers du pays. Un basculement spectaculaire pour une région qui était, il y a deux décennies, synonyme d’aridité.







Le wali Mokhtar Benmalek, accompagné du président de l’APW et du directeur des services agricoles, a accueilli le convoi à son arrivée et appelé les équipes à se donner pleinement pour la réussite d’une opération qualifiée de priorité nationale par le président Tebboune, qui en a fait un levier direct vers l’indépendance alimentaire de l’Algérie.
Un système de stockage restructuré de fond en comble
Derrière la logistique de récolte, c’est toute la chaîne aval qui a été repensée. El-Menéa dispose déjà de 11 dépôts de stockage de proximité. Un centre de stockage d’un million de quintaux est en cours de réalisation sur place. Et huit centres de stockage déjà opérationnels dans la wilaya voisine de Ghardaïa pour absorber les surplus.
Fini le temps où les agriculteurs devaient acheminer leur production jusqu’aux silos de l’OAIC à Laghouat, à 470 km au nord, en supportant des frais de transport élevés et de longues attentes pour le transbordement. L’ensemble de la filière se referme désormais sur elle-même, localement, avec une efficacité inédite.
Le Sud vert, symbole d’une transformation durable
Le paysage du sud algérien a changé de visage. Ce qui était steppe et sable est devenu, par la volonté des agriculteurs et les décisions des pouvoirs publics, une étendue productive. La campagne 2025/2026 qui s’ouvre aujourd’hui à El-Menéa en est la démonstration la plus visible : des centaines de machines, des milliers d’hectares mobilisés, et une ambition nationale clairement affichée — produire, stocker, et ne plus importer.
Les chiffres de la campagne 2026 témoignent de la dynamique de croissance de la céréaliculture dans le Sud algérien. Grâce à la généralisation de l’irrigation sous pivots, la wilaya franchit un nouveau palier.
Selon les chiffres communiqués à la presse, pour l’année 2025, la superficie emblavée sous pivots était de l’ordre de 23 000 hectares pour une remarquable production d’un million 125 000 quintaux de céréales, dont une grande part de semences.
Pour cette année, la surface emblavée est de 26 000 hectares pour une prévision de récolte d’un million trois cent mille quintaux (1.300.000 Qx.) de céréales, soit une hausse de 3000 hectares emblavés sous pivots avec une prévision de récolte en hausse de 175 000 quintaux par rapport à l’année écoulée.
