Face à la forte pression démographique et au développement urbain galopant, la capitale algérienne s’apprête à franchir un cap majeur.
Lors d’une réunion au sommet entre le ministère de l’Hydraulique et la wilaya d’Alger, la mise en place d’un programme spécial de soutien — s’apparentant à un véritable plan d’urgence — a été proposée pour garantir la continuité du service public de l’eau potable.
Un programme d’urgence inédit pour pallier les déficits de la capitale
C’est la décision phare retenue lors du récent regroupement de travail présidé conjointement par le ministre de l’Hydraulique, M. Lounès Bouzegza et le wali d’Alger, M. Abdenour Rabhi. Pour faire face aux défis hydriques de la capitale, une proposition déterminante a été formulée : l’élaboration d’un programme spécial de soutien dédié exclusivement à la wilaya d’Alger.
S’orientant clairement vers un plan d’urgence stratégique, ce dispositif sur-mesure vise à :
- Combler les manques constatés sur le terrain et combler le retard d’infrastructures.
- Renforcer massivement les équipements du secteur hydraulique et de l’assainissement.
- Sécuriser la distribution d’eau potable de manière continue dans l’ensemble des communes algéroises.
- Optimiser le rendement des réseaux, notamment en luttant drastiquement contre les fuites et le gaspillage.
« Ce programme spécial vise à accompagner le développement urbain galopant et la hausse constante de la demande en eau, tout en garantissant un service public moderne et pérenne aux citoyens. »
Une métropole en pleine expansion : le défi des chiffres
L’urgence de ce nouveau plan d’action s’explique par la croissance inédite que connaît Alger. Avec la naissance continue de nouveaux pôles urbains et résidentiels, la demande en ressources hydriques atteint des sommets.
Aujourd’hui, la wilaya d’Alger réclame une logistique colossale :
| Indicateur clé | Données chiffrées |
|---|---|
| Population desservie | Plus de 4,6 millions d’habitants |
| Production quotidienne requise | 1,1 million de m³ / jour |
| Part du dessalement de l’eau de mer | 62 % (via 10 stations) |
| Réseau de distribution | Plus de 809 km |
Si le dessalement d’eau de mer constitue désormais la colonne vertébrale de l’approvisionnement algérois (62 %), suivi des barrages (21 %) et des eaux souterraines (17 %), l’existant nécessite une modernisation accélérée pour éviter les ruptures de service.
Réhabilitation des réseaux et numérisation : les autres axes forts
Outre ce plan d’urgence proposé par la wilaya, le ministère de l’Hydraulique a tracé une feuille de route stricte pour maximiser l’efficacité de l’eau distribuée. Parmi les priorités absolues figure la lutte contre les pertes d’eau, dont 20 % sont causées par les fuites techniques et 20 % supplémentaires par les piquages illicites.
Le plan d’action prévoit également :
- La création de mégas-réservoirs de stockage pour parer aux éventuelles pannes de production.
- La réutilisation accrue des eaux usées traitées (STEP) pour l’arrosage des espaces verts et la salubrité publique.
- La protection stricte des cours d’eau phares comme Oued El Harrach, Oued Mazafran et Oued El Hamiz.
- La numérisation de la gestion du réseau pour une réactivité accrue en cas d’incident.
Une synergie régionale pour sécuriser le Grand Alger
Preuve que la problématique dépasse les seules frontières de la capitale, la création d’un comité technique intersectoriel a été actée. Il regroupera les wilayas d’Alger, Boumerdès, Tipaza et Blida afin d’harmoniser la gestion des ressources hydriques à l’échelle métropolitaine.
Grâce à ce déploiement stratégique et la concrétisation prochaine de ce plan d’urgence, les autorités entendent offrir aux habitants du Grand Alger un service d’eau potable plus fiable, performant et adapté aux exigences de la capitale.
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