Une étude du centre italien ECCO, publiée le 24 mars 2026, confirme le rôle central de l’Algérie dans la sécurité gazière européenne.
Ainsi, sa publication coïncide avec la visite à Alger de Giorgia Meloni et José Manuel Albares, qui ont exprimé leur souhait d’obtenir davantage de gaz algérien pour compenser les perturbations des approvisionnements qataris.
Un fournisseur clé avec des marges de progression
En effet, premier fournisseur de gaz de l’Italie et d’Espagne, l’Algérie s’appuie sur le gazoduc Transmed, capable de transporter jusqu’à 33,5 milliards de m³ par an. En 2025, environ 20 milliards de m³ ont été acheminés, soit près de 30 % de la consommation italienne. Un niveau important, mais encore inférieur aux capacités maximales, laissant entrevoir une hausse possible sans nouvelles infrastructures.
Des investissements pour augmenter la production
C’est dans ce sillage, que le groupe Eni prévoit d’augmenter la production en Algérie de 5,5 milliards de m³ par an d’ici 2028, et ce, grâce à des investissements dépassant 8 milliards de dollars en partenariat avec Sonatrach. Parmi les projets clés figurent Zemoul El Kebar, Reggane 2 et Touat, qui s’inscrivent dans une stratégie de consolidation engagée depuis 2022.
Un potentiel supplémentaire… sous conditions
Ainsi, l’étude d’ECCO avance un potentiel de plus de 17 milliards de m³ supplémentaires destinés à l’export. Celui-ci repose sur deux leviers principaux.
Le premier, est la réduction des pertes de méthane : classée au cinquième rang mondial pour ces pertes, l’Algérie pourrait dégager jusqu’à 13,5 milliards de mètres cubes par an en réduisant le torchage, l’éventage et les fuites — du gaz produit mais perdu avant d’atteindre le marché.
Le second levier est l’intégration des énergies renouvelables dans le mix électrique : porter leur part à 20 % libérerait environ 3,7 milliards de mètres cubes actuellement brûlés dans les centrales.
ECCO prend soin de préciser que ce potentiel théorique reste conditionné à une transformation structurelle profonde du système énergétique national. Toutefois, ce potentiel reste conditionné à des réformes structurelles du système énergétique.
Ainsi, cette dynamique intervient alors que l’Italie fait face à une baisse de ses approvisionnements en gaz qatari, qui représentaient environ 10 % de ses besoins. Alger apparaît ainsi comme une alternative stratégique, capable de combler une partie de ce déficit.
Entre opportunité et défi
Entre les volumes supplémentaires attendus des investissements et le potentiel théorique identifié par ECCO, l’Algérie dispose d’un levier important : produire plus, mais aussi optimiser ses ressources.
Dans un contexte européen encore marqué par la recomposition énergétique, le pays confirme son rôle incontournable dans l’équilibre gazier du continent.
